À Marloie, Infrabel a lancé un dispositif pour éviter que des reptiles et des batraciens restent piégés dans les caniveaux qui bordent les voies ferrées. Les premières échappatoires ont été posées sur le tronçon Marloie-Haversin, dans le cadre de la modernisation de la ligne Namur-Luxembourg
À première vue, le dispositif paraît presque banal. Une gaine PVC annelée, du géotextile et une ouverture dans le béton. Pourtant, cette installation doit permettre à la petite faune de ressortir des caniveaux à câbles, souvent trop profonds ou trop lisses pour ces animaux.
Les espèces concernées sont nombreuses le long des voies. Grenouilles, crapauds, tritons, salamandres, lézards, mais aussi coronelles lisses peuvent fréquenter ces zones. Certaines y trouvent des passages, d’autres des refuges. Le problème se pose quand elles tombent dans les caniveaux et n’arrivent plus à en sortir. Pour créer cette sortie de secours, il n’est pas nécessaire de reconstruire tout l’ouvrage.
« Avant de venir placer les caniveaux, on réalise un forage préalable où on ouvre le béton. En deuxième phase, on vient placer cette gaine en PVC annelée, dans laquelle on vient équiper un géotextile. Tout ça se fait manuellement, de façon relativement rapide », explique Yannick Lecluse, programme manager des travaux de modernisation de la ligne
Le système présenté à Marloie n’a pas été choisi au hasard. Plusieurs solutions ont été testées près de la gare. Escaliers, gaines avec ou sans géotextile, inclinaisons différentes. L’objectif était de trouver une échappatoire efficace pour les amphibiens, mais aussi pour les reptiles.
« On a sélectionné au final le système qui fonctionnait le mieux pour la plupart des espèces, parce qu’il y a des systèmes qui sont très efficaces comme les escaliers, mais qui ne fonctionnent pas, par exemple, pour les reptiles », précise Amandine Legat, cheffe de projet chez CSD Ingénieurs
400 espèces sauvées en 2 ans
Ces mesures répondent à un problème déjà observé sur le terrain. Sur les secteurs suivis de la ligne Namur-Luxembourg, près de 400 individus ont été sauvés en deux ans sur un peu plus de 35 kilomètres. Parmi eux, une centaine de coronelles lisses, une espèce patrimoniale en danger.
« C’est quand même un beau chiffre, surtout pour la coronelle lisse, où on a réussi à attraper 100 individus. C’est vraiment une belle performance parce que c’est une espèce patrimoniale qui est en danger », souligne Julie Pittors, biologiste.
Le dispositif doit maintenant être déployé sur les secteurs les plus sensibles. Les tronçons retenus correspondent aux zones en travaux où la présence de reptiles et d’amphibiens est jugée la plus probable.
Les premières échappatoires ont été posées sur le tronçon Marloie-Haversin. D’autres suivront progressivement sur la ligne Namur-Luxembourg. Environ 500 dispositifs doivent être installés dans les deux ou trois prochaines années.