L'industrie laitière vise à accélérer sa transition durable. Et à ce petit jeu, Solarec et la Laiterie des Ardennes font figure de bons élèves.
Avec 1,6 millard de litres de lait transformé chaque année, Solarec est un acteur majeur de la valorisation des produits laitiers en Belgique. Présente sur les sites de Baudour et de Libramont, l'entreprise veille depuis plusieurs années à réduire sa consommation en eau et en énergie. Des efforts qui lui ont permis de diminuer ses émissions annuelles de 7 632 tonnes. Des chiffres qui lui valent de se positionner parmi les dix meilleures entreprises laitières notées par EcoVadis.
"Nous avons fait beaucoup d'effort dans ce secteur, lance Geoffrey Paulus, directeur général de Solarec. On a mis en place de la cogénération, des turbines gaz-vapeur, des panneaux photovoltaïques, on a électrisé nos parcs, nos camions roulent au gaz et l'eau de process ou l'eau du lait est réutilisée."
La Laiterie des Ardennes à Libramont est un bon exemple des efforts fournis vu que 100% de l'énergie produite sur le site est issue de la cogénération à partir de gaz naturel. Alors que son autonomie en termes d'unités de potabilisation atteint les 94%.
Inciter les producteurs
Mais ce travail vers plus de durabilité passe également par les 1 900 éleveurs de la coopérative. Une charte a été mise en place afin de les inciter à embrasser ce mouvement durable, avec notamment une rémunération allant jusqu'à 80 cents par 100 litres de lait pour les bons élèves.
"Nos producteurs ont fait des efforts sur le bien-être animal, glisse Benoît Hoscheit, directeur général de la Laiterie des Ardennes. Mais aussi en termes d'utilisation des eaux de potabilisation et de rinçage ou dans le recyclage des eaux usées. On travaille donc dans ce sens mais nous devons faire attention que ces efforts ne doivent pas être supportés par les producteurs de lait."
Cet effort fourni par 80% des coopérateurs de la laiterie doit se répercuter sur la grande distribution et donc sur le consommateur.
"Quand on voit que la trésorerie est déjà tendue dans certaines exploitation, il faut pouvoir encourager les producteurs à fournir d'autres efforts d'investissement, reprend Geoffrey Paulus, directeur général de Solarec. C'est là que le consommateur va inévitablement avoir une responsabilité dans ses choix au niveau de la rémunération des producteurs."
Les consommateurs sont en attente d'actes concrets en termes de durabilité, selon l'Apaq-W qui estime que ces efforts peuvent rapprocher le producteur du citoyen.