Suites du licenciement collectif des magasins Cora survenu en avril 2025. Parmi les mesures obligatoires : la mise en place de cellules de reconversion en partenariat avec le Forem et les syndicats. À deux semaines de la fermeture définitive du magasin, nous avons suivi un atelier collectif à Arlon.
Partage d'expériences et d'idées ce jeudi matin au Forem à Arlon, pour une quinzaine d'anciens employés du Cora Messancy. Ils font partie de la première vague de licenciements, 73 personnes, débutée en septembre 2025. Depuis octobre, une cellule de reconversion a été mise en place ( pour un an) par le Forem et les syndicats pour les accompagner dans leur recherche d'emploi. Un mécanisme obligatoire en cas de licenciements collectifs. Pour rappel, au Cora Messancy, 138 personnes sont directement concernées. 65 d'entre elles sont toujours employées et recevront leur C4 à la fin de ce mois de janvier. Dans beaucoup de cas, Cora était l'employeur de toute une vie professionnelle.
" C'est dur à vivre parce que moi je suis là depuis 1985, donc 40 ans, c'est une carrière ! Et puis c'est l'inconnu, parce qu'on ne sait pas où on va, on a l'habitude, le matin on se lève, on sait qu'on va chez Cora... et puis là on se retrouve du jour au lendemain sans rien. Moi j'ai envie de retrouver du travail très vite et ne pas attendre longtemps"
Sylviane Gries, ancienne employée du Cora, actuellement en reconversion professionnelle.
Si les employés français peuvent bénéficier de l'accompagnement, la plupart se tournent vers les organismes de l'Hexagone, d'autres personnes terminent leur carrière et n'ont pas fait appel à la cellule de reconversion. Pour les autres, c'est le saut dans l'inconnu. Les derniers entretiens d'embauche remontent parfois à 10, 20 ou 30 ans. Ce matin, le formateur Romain Poncelet, revoit avec les participants les fondamentaux, pour éviter le stress et les faux pas.
Les règles d'or pour l'entretien d'embauche
"Déjà, bien se préparer, c'est à dire connaître l'entreprise où l'on postule. En quoi consiste le métier, etc. Pour ne pas être collé lors de l'entretien. Deuxièmement dire la vérité, parce qu'inventer des réponses, si le RH est spécialisé, il va tout de suite comprendre ce qu'il se passe et donc là, l'entretien est déjà terminé...
Et dernièrement toujours essayer de donner des exemples par rapport à du vécu, parce qu'à partir du moment où l'on parle de vécu, on sait de quoi on parle, peu importe le détail que la personne va exiger vous saurez toujours quoi répondre, et vous ne serez jamais coincé lors de l'entretien". Romain Poncelet, conseiller en cellule de reconversion Forem
Si les premiers mois en cellule de reconversion ont été imposés aux personnes licenciées, la plupart accrochent aux ateliers qui leur fournissent les outils pour rebondir. Pour Sylviane, ils lui ont permis de conserver le contact avec d'anciens collègues, passer le cap du licenciement et surtout envisager un autre avenir professionnel.
"Moi, ça me fait du bien de revoir mes collègues, parce qu'on se retrouve du jour au lendemain sans contact... et puis, on apprend des choses qu'on ne connaissait pas. Moi j'ai besoin de ça pour avancer, j'ai besoin de ça pour me remettre à niveau. Personnellement, j'ai envie de changer d'orientation, et cette cellule me fait vraiment du bien, m'apporte énormément".
Comme Sylviane, près de la moitié des participants choisissent la voie de la reconversion professionnelle. D'une manière générale, ces cellules du Forem obtiennent un taux de remise à l'emploi situé entre 60 et 75%. Plus de 60% de ces emplois sont des CDI.
"Il y a des personnes qui vont vouloir retrouver du travail dans le même secteur ou dans le même métier parce que ça leur convenait. Et puis, il y a d'autres personnes qui vont plutôt vouloir saisir l'opportunité pour se reconvertir. Et donc, il y a une proportion de personnes qu'on accompagne qui vont décider de changer de métier et passer par de la formation pour s'en donner les moyens".
François Lemarchal, responsable d'équipe en cellule de reconversion Forem
Sur les 73 personnes licenciées actuellement, 21 ont déjà retrouvé un emploi dont la moitié dans le tout nouveau Delhaize actuellement en travaux et qui ouvrira ses portes le 23 janvier prochain dans la galerie de Messancy. Une semaine avant la fermeture définitive de l'hypermarché Cora.