En ce début d'année, la CSC lance une campagne pour préserver des services publics de qualité. Une thématique qui résonne particulièrement dans un territoire comme le Luxembourg. Avec la disparition annoncée des provinces, la CSC Luxembourg craint un appauvrissement des services de proximité.

"Ce qui nous inquiète avec la suppression du statut, c'est l'indépendance du service public. On va demander à des personnes d'œuvrer pour l'intérêt général mais selon les modes de fonctionnement d'une société privée". Voici l'une des inquiétudes évoquées par la CSC services publics à Arlon, à l'occasion du lancement d'une vaste campagne à destination du public mais surtout des politiques. 

Communes, provinces, transport, enseignement, police, postes, tous portent le même message: il faut conserver la qualité du service mais également sa proximité avec le citoyen.

"On sent la volonté politique des partis au pouvoir de rapatrier vers les gros centres tout ce qui est pôles de décision. Et la proximité chez nous, en région rurale, sur un territoire je le rappelle qui couvre un septième du territoire de la Belgique, pour un quarantième de la population, la proximité on en a besoin"  Dominique Wilkin, secrétaire régional intersectoriel CSC Services publics.

L'éloignement des centres de décision inquiète d'autant plus depuis le coup d'accélérateur donné en fin d'année 2024 à la réforme des provinces. Avec cette question centrale, le transfert des compétences et finances provinciales sera-t-il préjudiciable aux luxembourgeois?

"On nous dit que la province ne pourra plus prélever l'impôt, soit. Même si c'est prélevé par les communes, on a quand même des craintes que l'argent ne soit pas investi comme c'est le cas actuellement au niveau de la province. Si en plus c'est géré au niveau régional, là on peut légitimement avoir des craintes, comme c'est déjà le cas dans d'autres domaines" explique Yannick Vincent, secrétaire fédéral de la CSC Luxembourg

L'enseignement spécialisé menacé en Luxembourg?

Et de citer l'exemple de l'enseignement spécialisé, refusé par manque de moyens par la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'école secondaire de Bertrix doit ainsi sa création à la province. Le monde de l'enseignement craint pour le maintien de ce qui existe au niveau provincial et reste plus globalement mobilisé contre les réformes. Il manifestera à nouveau le dimanche 25 janvier. Comme dans d'autres secteurs, c'est l'absence de dialogue qui est dénoncée.

"On ne nous concerte pas. Or, on a une expertise de terrain, on a des choses à dire, on n'est pas contre un certain changement, mais on a beaucoup beaucoup, beaucoup de questions. Et chaque fois qu'on réduit ou qu'on change quelque chose, il y a toujours un impact sur l'offre d'enseignement, donc sur les élèves. Et on a beau nous dire et nous chanter dans toutes les langues, qu'il n'y aura pas de perte d'emploi, qu'il n'y aura pas de perte de formation... et bien si, il y a des pertes d'emploi et il y a des pertes de formation" Thierry Rolland, Secrétaire Permanent CSC-Enseignement Luxembourg. 

Dans les prochaines semaines, la CSC interpellera les politiques luxembourgeois pour défendre des services publics de proximité. Le syndicat craint que les premières victimes des réformes à venir soient les citoyens les plus vulnérables.