Le ministre wallon de l'Emploi et de l'Economie, Pierre-Yves Jeholet, prévoit de revoir drastiquement le fonctionnement des Agences de Développement Local. Celles-ci ne fonctionneraient plus que sur des territoires de minimum 20 000 habitants et leurs missions se limiteraient à de l'animation commerciale.

L'ADL de Tenneville - Sainte Ode couvre deux communes pour un bassin d'un peu plus de 5 500 habitants. Une jauge quatre fois trop petite pour survivre dans la réforme voulue par le ministre Jeholet, qui prône l'instauration d'un seuil de 20 000 habitants pour le fonctionnement des Agences de Développement Local. Pour Catherine Désert, cette mesure ne cadre pas avec les missions de proximité engagées par sa structure.

"Les territoires seront tellement grands que nous n'aurons plus les contacts de proximité avec les acteurs économiques, note la responsable de l'ADL Tenneville - Sainte-Ode. Ce sont les centres-villes qui en bénéficieront au détriment des commerces de proximité en milieu rural."

Réduction des missions

Dans ce projet de réforme, un autre aspect ne passe pas : celui de la réduction des missions des ADL, qui devraient alors se limiter à de l'animation commerciale. Un point qui ne prend pas en compte les réalités du monde rurale, pour l'agence de Neufchâteau.

"Outre les commerces, nous mettons également des actions avec le monde du tourisme ou de l'agriculture, explique Gilles Defoy, de l'ADL de Neufchâteau. Si la réforme passe, nous ne pourrons plus assurer ces actions. Nos partenaires perdraient donc un précieux soutien."

"Un abandon de la ruralité"

Si elle passe, cette réforme devrait voir le jour en 2027. Or, de nombreuses ADL ont signer un nouvel agrément courant parfois jusqu'en 2029. Ces différents éléments ont poussé le député-bourgmestre de Neufchâteau François Huberty à sortir du bois. Pour le président des Engagés Luxembourg, un tel projet risque de fragiliser les zones rurales.

"Ce qui serait proposé est un abandon pur et simple des zones rurales, estime François Huberty. Seules deux communes disposent de plus de 20 000 habitants en province de Luxembourg. Ce type de réforme mettrait donc en péril une grande partie de notre province."

Réponse du ministre Jeholet

Le ministre Pierre-Yves Jeholet s'est exprimé sur ce sujet, ce mardi en séance du parlement wallon. Il a indiqué retravailler sur cette réforme afin de répondre aux réalités des zones urbaines et rurales.

"Je ne vous cache pas que nous retravaillons actuellement le projet initialement présenté aux ADL. Leurs remarques étaient pertinentes, et nous en tenons compte. Le travail se poursuit donc, avec une volonté claire : répondre aux spécificités de l’ensemble du territoire wallon. Les réalités des centres urbains ne sont pas celles des communes rurales, et la réforme devra intégrer cette diversité."

Pour rappel, sur les 48 ADL agréées en Wallonie, 13 se situent en province de Luxembourg.