Blindés, drones, exercices, matériel dernier cri : les portes ouvertes de la Défense ont attiré la foule au camp Roi Albert à Marche-en-Famenne. Derrière le spectacle, l’armée teste aussi son pouvoir d’attraction, au moment où le site est en train de s'agrandir
Opération séduction ce dimanche au camp Roi Albert. Des blindés, des armes, des drones, du matériel en démonstration et des visiteurs qui défilent toute la journée. À Marche-en-Famenne, la Défense a une nouvelle fois mis les moyens pour impressionner. Et cela fonctionne. En famille ou entre passionnés, beaucoup viennent d’abord pour voir de près un univers qu’ils connaissent parfois mal.
« Qu'est-ce-qu'on regarde? Le matériel, forcément. On ne voit pas ça tous les jours », glisse un visiteur. À côté de lui, une autre visiteuse résume ce qui attire aussi le public : « Le côté concret. Ici, on voit mieux ce qu’ils font vraiment sur le terrain »
La journée ne se limite pas à regarder les véhicules. Sur plusieurs stands, le public peut tester, toucher les armes, essayer certaines activités. Certains se retrouvent ainsi, le temps d’un exercice, dans la peau d’un militaire. Une tenue de protection pour démineur, par exemple, pèse une quarantaine de kilos. De quoi comprendre tout de suite que le métier est dur.
Le Jaguar en exposition
Mais la Défense ne montre pas seulement ce qu’elle utilise aujourd’hui. Venu de France, le Jaguar, un véhicule d'intervention français appelé à équiper demain l’armée belge. Un matériel plus moderne, plus protégé, plus mobile, qui donne un aperçu de ce que la Défense va posséder dans les années à venir.
Ce n'est pas un secret : l'Armée recrute!
Parmi les visiteurs, des jeunes. Sans surprise. Et chez certains, l’intérêt dépasse clairement la simple découverte.
Un adolescent le dit franchement : il ne se voit pas forcément militaire de carrière, « mais je passerais bien mon service militaire. Pourquoi ? Je trouve que c’est important et que c’est une fierté aussi de l’avoir en poche. » Un autre jeune va encore plus loin. « Moi, j’ai passé l’examen pour rentrer ici en fin d’année. Pourquoi? Ça rentre dans mes valeurs. Et je dois bien avouer que, sans diplôme et sans avoir droit au chômage, l'Armée me donnerait un salaire. Ça motive un peu plus mon choix », confie-t-il.
Du côté des parents présents, les avis sont plus mitigés. Une mère de famille, venue avec ses enfants, estime que ce renforcement est sans doute « une bonne chose pour le pays, dans un moment un peu compliqué au niveau international. Mais ça ne me rassure quand même pas de voir des militaires dans nos rues.»
À Marche, le camp Roi Albert s’apprête à changer d’échelle
Et derrière cette journée vitrine, il y a aussi un enjeu plus large. Avec le retour de la 7e Brigade et la montée en puissance annoncée du site d'ici 2034, la Défense prépare déjà l’avenir. Le lieutenant-colonel François Cornélis, chef d’état-major, évoque « de nouveaux blocs, des capacités de stockage de matériel, des hangars, des centres de simulation » qui seront construits/installés sur ce site. Les travaux ont d'ailleurs commencé. Il parle aussi d’une croissance d’un peu plus de 1.000 postes sur le site marchois.
Reste à savoir combien, parmi les visiteurs du jour, ont été véritablement séduits — et surtout combien franchiront un jour le pas d’endosser l’uniforme militaire.