Deux moutons ont été retrouvés égorgés ce dimanche matin dans un enclos situé à proximité des habitations à Ronchampay (La Roche-en-Ardenne). La clôture électrique n'a pas suffi à protéger le troupeau d'une dizaine de bêtes.
Le DNF a procédé à des prélèvements. Ils devront déterminer s'il s'agit ou non d'une attaque de loup. 

L'agression sur le troupeau de moutons s'est déroulée durant la nuit de ce samedi à dimanche. Sur les onze bêtes mises en prairie, deux n'ont pas survécu à leurs blessures. Les prélèvements emportés ce dimanche matin par les agents DNF devront confirmer s'il s'agit ou non d'une attaque de loup. Pour l'heure, le propriétaire se veut prudent. 

"Je ne tiens ni à me montrer alarmiste, ni à polémiquer. Tant qu'on n'a pas les résultats, je ne me prononce pas", nous confie Aymeric S. 

Le jeune homme élève quelques moutons à titre complémentaire. C'est la première fois qu'il est victime d'une attaque de ce type. "On verra bien si c'est un loup. Mais de toute façon, il faudra s'y habituer. Il s'est installé chez nous, il faudra faire avec..." 

Hors de la zone de présence permanente, à quelques mètres près...

Pour autant, vivre avec cet animal -protégé-, ne veut pas dire en subir sa présence. La Wallonie adapte d'ailleurs ses mesures et vient d'étendre la zone de présence permanente du loup (ZPP loup).  A l'intérieur de celle-ci, les éleveurs de moutons peuvent solliciter des aides en vue de se protéger efficacement d’éventuelles déprédations.
Las pour l'éleveur de Ronchampay, son enclos se situe... de l'autre côté de la N89. 

"La zone de présence permanente s'arrête à la N89, du côté gauche en direction de La Roche. Malheureusement, mon élevage se trouve du "mauvais côté" de la route.
A quelques dizaines de mètres près, j'aurais pu bénéficier d'un soutien pour protéger mon troupeau. 
Ici a priori, si la zone ne bouge pas, je n'aurai droit à rien."
Aymeric S., éleveur à Ronchampay 

L'éleveur insiste, il n'est pas en colère, "juste déçu", et lance un appel aux autorités à étendre la zone permanente à l'ensemble du territoire wallon. "Pourquoi un territoire si réduit ? Le loup bouge, et est prêt à parcourir de longues distances pour se nourrir ou pour s'installer. A l'échelle de la Wallonie..."