Le 12 août dernier, 30 hectares de forêt étaient ravagés par les flammes à Wellin , deux jours seulement avant celui qui a touché les Hautes Fagnes. Retour sur ce paysage marqué par le feu, et où la nature commence déjà à reprendre ses droits. Voyez le reportage de nos confrères de Quel Temps pour la RTBF.
Un mercredi après-midi, un départ de feu est signalé à Wellin. Un vent soutenu et un taux d'humidité infime favorisent la propagation des flammes. Les arbres en témoignent, mais tout n'est pas perdu.
"Ici, on voit la pousse d'un jeune chêne", explique Loup Marlin, garde forestier. "C'est un rejet de la souche, et c'est vraiment d'un ou deux jours à peine. C'est un espoir pour le peuplement futur".
Un peu de vert sur fond noir : c'est l'une des premières réponses de la forêt à l'incendie.
"Ce qui est bien, c'est que la partie superficielle du sol a été atteinte", poursuit le garde forestier. "C'est-à-dire que si en profondeur il reste des graines, ça va activer ce qu'on appelle la banque de graines. On peut espérer, dans les années qui viennent, d'avoir plein de semis naturels qui viennent spontanément. Et donc, d'avoir finalement une nouvelle forêt plus ou moins naturelle ou du moins qui n'a pas été plantée".
Quand la nature se consume, une autre vie commence
La régénération pourrait donc se nourrir des cendres de l'incendie.
"Après le passage de l'incendie, le sol est couvert de cendres", explique Elise Speybrouck, ingénieure des eaux et forêts au Service Public de Wallonie. "C'est toute la matière organique qui a été décomposée. Et donc, ça veut dire qu'on a ici quelque chose de disponible directement pour une régénération naturelle. On va retrouver du calcium, du phosphore, tout ce que les organismes vivants ici, végétaux, vont avoir besoin pour se développer".
Survivre ou mourir
Les pins calcinés étaient âgés de 75 ans. Il faudra évidemment du temps avant d'en revoir d'une telle hauteur, mais certains pourraient survivre.
"Cet arbre-ci (voir reportage), en tout cas, a été brûlé de manière superficielle", remarque Quentin Leroy, directeur de l'observatoire wallon de la santé des forêts. "C'est-à-dire que l'écorce, elle, a été touchée par le feu. Mais les tissus les plus importants qui permettent à l'arbre de vivre, eux, sont encore intacts. La difficulté en cas de stress, c'est que l'effet n'est pas immédiat. Nous pouvons voir les effets de ces stress plusieurs semaines, plusieurs mois après. Il peut très bien survivre à l'incendie. Et lors de la reprise de la saison prochaine, puiser tellement dans ses réserves qu'il va mourir".
D'autres ne survivront pas. Ces arbres morts sont néanmoins sans danger : ils resteront debout et permettront à toute une biodiversité de s'installer. Ils pourraient d'ailleurs être mélangés à d'autres essences, mais pas n'importe lesquelles. De manière à éviter l'introduction de maladies, de champignons ou d'autres pathogènes.