Ces lundi et mardi, seuls les bus TEC gérés par le privé sont sortis de leur dépôt. Ceux dépendant de la régie TEC n'ont pas roulé. En Luxembourg, ils devraient reprendre la route ce mercredi.

"Rien ne roule sauf ce qui est sous-traité" nous explique l'un des gestionnaires du TEC Namur-Luxembourg. Autrement dit, la moitié des véhicules en province de Luxembourg.

Dans les dépôt gérés par la régie, tous les bus sont restés immobiles. En cause, un mouvement de protestation qui vise directement le futur contrat de gestion 2026-2029 de l'OTW (opérateur de transport de Wallonie).

Parmi les mesures d'économies envisagées qui crispent les syndicats, citons l'aménagement des fins de carrières, la remise en cause des "heures de chaleur" (aménagements lorsque la température dépasse 27,1°c), de la mutuelle, et l'exigence de plus de flexibilité pour les roulements (planning des horaires).

"Les heures de chaleur? Pour moi, sur une année, pendant la période estivale, cela représente 10 heures. C'est un jour de congé en plus. Ce n'est pas grand chose" relativise Stéphane Dabe, conducteur et délégué CSC, qui avec ses collègues défend ces acquis sociaux.

Encore plus de lignes confiées au privé?

Au niveau wallon, l'ambition et d'atteindre un tiers de lignes gérées par le privé. Un quota largement dépassé en Luxembourg. Pour autant, les syndicats craignent encore d'autres privatisations.

"Moi j'ai peur qu'à Arlon, on ne se retrouve qu'avec les lignes urbaines, puisque les longues lignes représentent des kilomètres" explique Eric Slootmakers, conducteur au TEC et délégué CGSP.

Car le privé est payé au kilomètre, les circuits urbains sont donc moins intéressants, mais aussi plus compliqués à gérer. Ce mardi matin sur le parking du dépôt d'Arlon, ces chauffeurs insistent d'ailleurs sur les exigences de formation, bien plus élevées selon eux, dans le secteur public.

"C'est même assez long et on apprend beaucoup plus de choses pour vraiment acquérir les compétences du chauffeur professionnel. Parce qu'en ville, il faut garder énormément son calme, y compris avec des automobilistes qui sont agressifs... Tous les jours on évite des accidents sur la route, c'est beaucoup de pression à gérer" nous confie un autre conducteur du dépôt d'Arlon, Clément Piette (délégué CGSP).

Pour ces chauffeurs "publics", la montée en puissance du privé risque de se ressentir dans le service à la population. Ces lundi et mardi, seule la ligne privée Arlon-Liège a été touchée par le mouvement de grève, puisque le parcours ne dépassait pas Bastogne.

Ce mercredi, les délégations syndicales rencontreront l'OTW pour relancer les négociations. Les grévistes potentiels seront encore couvert par les syndicats, mais ceux-ci annoncent une reprise partielle des sorties dans tous les dépôts TEC de la Province de Luxembourg.