A la veille du jour anniversaire de la libération d'Auschwitz et, symboliquement, de tous les camps nazis (27 janvier), un nouveau projet mémoriel a été officialisé sur la Grande Région. Piloté par la Province de Luxembourg, il a été officiellement présenté ce lundi à Saarbruck, dans un lieu qui ne doit rien au hasard.

Sarrebrucke, ville frontalière de 180.000 habitants, capitale du très industriel land de Sarre où 40% de la population parle aussi le Français. C'est ici, dans l'hôtel Mercure, qu'a été lancé ce lundi Echo-GR, le nouveau projet transfrontalier sur le devoir de mémoire piloté par la Province de Luxembourg. Un lieu qui ne doit rien au hasard puisque cet hôtel, construit en 1975, a été bâti,  à l'insu de ses promoteurs, sur un ancien camp d'internement pour femmes, géré par la Gestapo.

Echo-GR pour "Europe – Culture – Héritage – Odyssée – Grande Région" ; avec 60% de subsides de l'Europe, 20% de la Région Wallonne et 20% de la Province de Luxembourg, le budget global dépasse les 4 millions d'euros et a pour but de favoriser la citoyenneté européenne au travers des lieux de mémoire. Certains avaient déjà été mis en réseau par "Land of Memory", ancêtre de l'actuel projet.

Plusieurs communes luxembourgeoises sont partenaires dont Chiny. Dans cette commune gaumaise, l'actuelle mairie a servi durant les deux conflits mondiaux ce qui en fait un important lieu de mémoire qui n'est jusqu'ici mis en valeur que par quelques visites durant les heures de bureau.

"La ville de Chiny va développer une scénographie permanente, ludique juste sur le site du château du Faing. Comme vous le savez, c'est un site de mémoire. Il s'est passé beaucoup de choses sur ce site. Lors de la première guerre mondiale, il a servi d'infirmerie et durant la deuxième guerre mondiale, le château du Faing à  Jamoigne (Chiny) a sauvé 87 enfants Juifs de l'extermination nazie. Ce  projet vient mettre en valeur ce site, cette histoire qui doit être connue de tous.", Vovo Kambu, échevine de Chiny

Echo-GR regroupe 11 partenaires financiers et 34 partenaires méthodologiques. Au-delà des réalisations concrètes de différents projets, un des buts poursuivis est aussi de renforcer les liens entre les acteurs pour aboutir à un véritable réseau permanent.

"Le but, c'est de se nourrir de tout ce passé mais surtout de développer des projets pour montrer aux jeunes et aux moins jeunes, l'importance de la démocratie et des libertés qui y sont associées.", Dominique Gillard, Député provincial en charge de la Citoyenneté et des relations avec la Grande Région

Car chaque jour, l'actualité nous démontre que certains luttent avec acharnement pour détruire cette démocratie, quitte à faire revivre les moments les plus abjects d'un passé que l'on croyait derrière nous.