Le parquet de Marche-en-Famenne a saisi un juge d’instruction dans le cadre d’une enquête pour des faits de mœurs présumés dans un centre de classes vertes, qui se seraient produits, selon nos informations, sur deux périodes distinctes.
La Fédération Wallonie-Bruxelles se constitue partie civile.
Contacté, l’avocat de la défense nie formellement.
Les Ministres Valérie Lescrenier et Valérie Glatigny ont annoncé de concert avoir demandé la constitution de partie civile de la Fédération Wallonie-Bruxelles auprès du Parquet de Marche-en-Famenne, dans le cadre d'une instruction en cours pour faits de mœurs présumés dans un centre de rencontre et d’hébergement pour jeunes.
Les deux ministres en charge de la Jeunesse et de l’Enseignement obligatoire ont pris connaissance d’un courrier du 13 janvier du Délégué Général aux Droits de l’Enfant, rapportant “des éléments et témoignages concordants sur des comportements inappropriés à l’encontre d’enfants dans le cadre d’activités menées dans (ce) Centre."
Il a été demandé aux administrations de prendre des mesures conservatoires et préventives, à l’adresse de l’institution en question et des écoles susceptibles de le fréquenter.
Selon nos informations, les comportements dénoncés, et contestés, se seraient déroulés sur deux périodes distinctes, fin 2024 lors de classes vertes scolaires, et à l’été 2025 dans le cadre d’un stage.
« En cas de fait de mœurs, de violences, qui plus est sur des enfants, pour nous, la tolérance zéro doit s’appliquer. Nous suivrons avec toute l’attention requise, cette instruction dans ses moindres détails et, le cas échéant, assurerons une intervention appropriée pour défendre la société et la jeunesse . (...)
Nous avons pleine confiance en la Justice pour mener l’instruction de cette affaire concernant des faits qui sont particulièrement graves s’ils sont avérés.»
Valérie Lescrenier, ministre de la Jeunesse
Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement obligatoire
Des devoirs complémentaires demandés
Le parquet du Luxembourg, par communiqué, confirme l'ouverture, courant de l’été 2025, d'une instruction judiciaire "du chef d’atteinte à l’intégrité sexuelle sur mineur de moins seize ans par une personne se trouvant dans une position d’autorité à l’égard de la victime. Un centre d’hébergement est mis en cause.
L’instruction touche à sa fin. "Une partie à la cause a cependant déposé tout récemment une requête en devoirs complémentaires, comme l’y autorise la loi. L’instruction se poursuit donc"
Le parquet insiste à ce stade sur la nécessité de respecter le secret de l’instruction mais également le principe de présomption d’innocence dont doit pouvoir bénéficier tout justiciable.
La défense de l'association nie vigoureusement
Nous avons réussi à joindre l’avocat de l’association. Mr Yves Houbion insiste -vigoureusement- sur la présomption d’innocence :
“Ni l'association, ni la personne mise en cause, ne sont à ce jour suspectées de quoi que ce soit. Mon client a été entendu et conteste formellement ce qu’on lui reproche. Je m’étonne d’ailleurs du timing de ce communiqué des deux ministres de la FWB, dont je n’ai même pas été informé. C’est le comble : j’apprends par la presse que la Fédération se constitue partie civile !”
Mr Yves Houbion, avocat de la Défense
Le délégué général aux droits de l'enfant demande des mesures de précaution
De son côté, le délégué général aux droits de l’enfant Solayman Laqdim insiste sur le principe de précaution à faire valoir : “La présomption d'innocence doit être respectée et la justice doit faire son travail. Mais le temps judiciaire peut être long. Je peux juste vous dire que par rapport aux éléments qui ont été portés à ma connaissance, j’ai alerté la Fédération Wallonie-Bruxelles et j’ai demandé de prendre des mesures de précautions dans l’intérêt des jeunes”.