Comme nous l’avons relaté sur TV Lux, des enseignants de l’INDSé Bastogne ont récemment demandé aux parents d’élèves de relayer leurs craintes quant aux conséquences de la réforme en matière d’encadrement, de formation, d’emploi et sur les activités.
Le cabinet de la ministre Glatigny leur répond.
L’interpellation de parents d’élèves de l’INDSé, relayant les inquiétudes soulevées par une quarantaine d’enseignants, dans un courrier volontairement provoquant, ne sera pas restée longtemps sans réponse.
Un parent d’élève nous a fait parvenir une copie du courrier reçu du cabinet de la ministre de l’enseignement Valérie Glatigny. Une réplique point par point.
“Certaines affirmations contenues dans le courrier ne reflètent pas exactement les mesures décidées. Ainsi, par exemple, il n’est pas question de supprimer la gratuité de l’enseignement. (...) Un phasage est effectué à la demande des Fédérations des pouvoirs organisateurs et de Wallonie-Bruxelles Enseignement ; ainsi la gratuité des fournitures est étendue jusqu’à la 5ième primaire dès la rentrée 2026 et à la 6ième primaire dès la rentrée 2027".
La ministre recadre les mesures prises dans un “contexte budgétaire contraint”, lié à un déficit de la Fédération Wallonie-Bruxelles de 1,5 milliard d’euros et dont la charge de la dette dépasse 340 millions d’euros par an.
“Sans action responsable, c’est le paiement même des salaires des professeurs qui est menacé”.
La principale mesure d’économie concerne l’augmentation de la charge « face-classe » de 20 à 22 périodes dans le degré supérieur. “Nous avons pleinement conscience que l’investissement des enseignants dépasse largement les heures passées devant les élèves. (...) C’est pourquoi, nous travaillons sur plusieurs leviers complémentaires visant précisément à alléger la charge de travail des équipes éducatives afin de leur permettre de se recentrer davantage sur le cœur de leur métier : les projets pédagogiques et le suivi des élèves.”
Et de citer une réduction de deux périodes face à la classe la première année et la mise en place d’un mentorat ; à partir de 60 ans, la possibilité de dégager du temps pour des missions collectives. “Nous serons aussi attentifs aux heures de travail collaboratif, qui sont parfois considérées comme trop lourdes.”
Et concernant les jeunes diplômés : “La création du futur Contrat à durée indéterminée pour enseignant (CDI-E) vise à offrir une charge complète dès l’entrée en fonction dans le métier. L’objectif poursuivi est précisément de stabiliser les enseignants débutants dans le métier, alors qu’un jeune diplômé sur trois quitte actuellement le métier dans les cinq ans.
Une revalorisation salariale de 5 % (barème 401) est également prévue pour les nouveaux diplômés afin de reconnaître l'allongement de leur formation”.