La traditionnelle journée "Ruban Bleu" qui oppose élèves de 5e et 6e de l'Indsé Bastogne vit-elle ses dernières instants ? "Non", assurent les professeurs dans un courrier adressé aux parents, "mais elle fait partie des projets menacés par la réforme". 
S'il soutient ses professeurs sur le fond, le PO de l'Indsé regrette la forme. 

En deux départs, ces mardi soir et mercredi matin, les élèves de 4e et 6e de l’Indsé Bastogne ont embarqué pour leur voyage scolaire. Quelques jours de découvertes de nouveaux horizons et de visites de musées, qui certes s'inscrivent dans le cadre du parcours d’éveil culturel et artistique, le "PECA", mais qui sont rendus possibles par l’investissement des enseignants : "Ce sont des heures passées à concocter le programme, à réserver les transports, les logements, les billets d'entrées. A s'informer et préparer les visites. Des heures d'investissement... que l'on prend sur nos temps libres". 

Dans un courrier au ton volontairement accrocheur, les enseignants tirent la sonnette d’alarme : "Le Ruban bleu ; les excursions d'un jour ; les sorties culturelles ; les rencontres avec des acteurs extérieurs ; les pièces de théâtres ;  les remédiations ; le tutorat; la lutte contre le harcèlement; le projet de mini entreprises; la participation au Rhétos Trophée et Ado Trophée; (...)" sont autant d'activités menacées par la réforme.

"Ces mesures vont avoir un effet sur les moyens alloués à l’école. Ces moyens sont financiers (gel des subsides, regroupement de PO, fin de la gratuité de l’enseignement), mais aussi temporels vu l’ajout de tâches (bureaucratie étouffante, alourdissement de la charge de travail, nombre d’élèves par classe plus important). Ce qui impactera l’organisation globale de l’école et l’investissement des professeurs"
(extrait du courrier) 
"Il n'est pas question de nous plaindre ici des deux heures supplémentaires en classe qu'on nous impose. Notre objectif est de faire comprendre qu'en allongeant nos heures prestées, on ajoute du temps de préparation, de correction. On déséquilibre les horaires. On divise certains cours. Et surtout par effet dominos, nous allons perdre des collègues qui se verront amputés de plusieurs heures"
Amandine Fairon, enseignante à l'Indsé Bastogne

Une quarantaine de professeurs de l'Indsé -un tiers du corps professoral- ont rejoint le collectif Mars Attacks, lancé début mars dans le Brabant.

"C'est un collectif qui se veut apolitique et non syndical. Les actions que nous menons veulent faire réagir, sans empiéter sur les cours et la formation de nos jeunes"
Delphine Pierret, enseigante à l'Indsé Bastogne

Le courrier a néanmoins surpris le Pouvoir organisateur de l’école. Et il l’a fait savoir, ce mardi, en marge de la journée pédagogique.  

"Avant tout, nous tenons à dire que nous soutenons nos enseignants. Que la réforme est précipitée, qu'elle pose encore beaucoup de questions et qu'elle ne prépare pas la rentrée prochaine dans les meilleures conditions. Moi-même en tant que parent, je relaierai  le message, néanmoins, sur la forme, ce courrier nous a surpris. Nous aurions apprécié être informés avant l'envoi"
Laurent Nullens, membre du PO de  l’Indsé

Le projet de la ministre Glatigny sera débattu et mis au vote au parlement fin mai. 
Au moment même où se déroulera  la prochaine édition du Ruban bleu.