Le premier grand test politique de la nouvelle configuration du conseil communal de St-Hubert a tourné à l'avantage de l'opposition. Par neuf voix contre huit, Gilles Dabe n'a pas été désigné pour succéder à Pierre-Alexis Roland au sein du collège communal

Le ton est donné dès les premières minutes de la séance. Avant même le vote, les échanges se sont tendus entre majorité sortante et opposition autour de la démission de Pierre-Alexis Roland et de la modification du pacte de majorité. Au terme du débat, la proposition de la tripartite Dynam'IC, Borq et Villages et Agissons Ensemble a été rejetée. Les huit élus de la majorité ont soutenu Gilles Dabe, mais les huit conseillers CAP, rejoints par Pierre-Alexis Roland, ont voté contre. Résultat : neuf voix contre huit et aucun successeur désigné. A l'issue du conseil communal, Gilles Dabe a préféré ne pas répondre à nos questions. 

« Je n'ai absolument rien contre la personne. C'est une question de principe par rapport à la majorité. Accepter que Gilles Dabe monte, c'était accepter les pratiques de la majorité actuelle », explique Pierre-Alexis Roland, conseiller communal indépendant

Avant le vote, Pierre-Alexis Roland est revenu publiquement sur les raisons de sa démission. Quelques instants plus tard, il quittait symboliquement le banc de la majorité pour rejoindre celui de l'opposition. Une image forte qui résume le nouveau paysage politique borquin.

Pour la majorité sortante, ce vote constitue un véritable coup d'arrêt. Le poste d'échevin reste vacant et le collège devra poursuivre son travail sans remplaçant immédiat. Laurent Breuskin, premier échevin, regrette une décision qui, selon lui, complique directement le fonctionnement quotidien de la commune alors que plusieurs dossiers importants sont en cours. Le bourgmestre Didier Neuvens est du même avis, il a quitté la salle immédiatement après cette séance mouvementée. 

« On s'y attendait. Il y avait une chance sur dix qu'ils acceptent la demande. Ils l'ont refusée. Ils n'aiment pas qu'on dise blocage, mais c'est un blocage. Tant que Pierre-Alexis Roland n'est pas remplacé, le collège va devoir fonctionner avec un échevin en moins alors qu'il y a une charge de travail énorme », dit Laurent Breuskin, premier échevin de Saint-Hubert

L'opposition rejette toutefois cette lecture. Pour CAP, il ne s'agit pas d'un blocage systématique mais d'un choix politique assumé. Le groupe affirme qu'il continuera à examiner chaque dossier individuellement et à voter en fonction de son contenu, comme il le fait depuis le début de la législature.

« Nous allons gérer cette commune de manière constructive. Nous avons voté énormément de points depuis le début de la législature. Quand nous ne sommes pas d'accord, nous expliquons pourquoi. La commune n'est pas bloquée pour autant », répond Pierre Henneaux, conseiller communal CAP

Avec cette nouvelle configuration, Pierre-Alexis Roland se retrouve désormais dans une position charnière. Sans rejoindre officiellement CAP, son vote peut désormais faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre.

« Je suis l'homme qui fait basculer la majorité d'un côté ou de l'autre. Je le ferai de façon objective, en cohérence avec les valeurs que nous avions développées avec Borq et Villages », conclut Pierre-Alexis Roland, conseiller communal indépendant

À Saint-Hubert, ce premier conseil communal dans sa nouvelle configuration laisse entrevoir une fin de législature où majorité sortante, opposition et conseiller indépendant devront composer en permanence.