Les vacances scolaires n'ont pas atténué la colère du monde enseignant. La preuve cet après-midi à Neufchâteau où une manifestation s'est tenue en centre-ville. Les manifestants espéraient ainsi relancer la concertation et le dialogue social avec les politiques. 

C'est une année académique qui commence sur le ton de la précédente. Le monde enseignant ne parvient toujours pas à avaler les mesures voulues par la ministre Glatigny. Pour beaucoup, cette rentrée scolaire avait un goût très amer.

"J'ai vécu la rentrée la plus tendue et pleine de malaises et d'incertitudes de toute ma carrière, et c'est ma 18ème rentrée, glisse Gaëlle Jaumotte, enseignante à l'ISMA d'Arlon. Des collègues ont perdu des heures ou la possibilité de donner certains cours qui ont été récupérés par d'autres personnes avec qui ils doivent travailler. Il faut donc faire preuve de bienveillance et d'esprit d'équipe."

"Je travaille dans mon école depuis trois ans et j'ai perdu l'entièreté de ma charge horaire, explique Perrine Guns, enseignante à l'Institut Saint-Roch de Marche. Lors de la rentrée de lundi, j'ai appris avoir récupéré quatre heures abandonnées par une collègue. La situation est compliquée à vivre car on ne sait rien planifier."

Pas en phase avec les réalités de terrain

Ils étaient une cinquantaine à avoir répondu à l'appel de l'intersyndicale CSC Enseignement, CGSP et SETCa-SEL. Dans le viseur des manifestants : le tronc commun en première secondaire, l'augmentation de la charge de travail entrainant la démotivation des enseignants, la situation des temporaires prioritaires ainsi que les pertes d'emploi.

"Quand madame Glatigny dit que si on perd notre emploi, nous retrouverons dans les 25 kilomètres, c'est faux, lance Thierry Rolland, permanent CSC en province de Luxembourg. À Neufchâteau par exemple, il y a deux établissements de deux réseaux différents. Les réalités de terrain sont donc différentes. On a l'impression qu'on nous dirige de Bruxelles sans avoir de connexion avec le secteur."

Par cette manifestation, les syndicats espèrent relancer la concertation avec le monde politique. Une action de grève est prévue à Liège le 10 septembre prochain et devrait mobiliser l'ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles.