C’est parti pour deux journées de foire consacrées à la forêt, à son développement et à son économie.
35.000 visiteurs sont attendus à Bertrix, où la surveillance reste de mise, compte tenu des fortes chaleurs.
Demo Forest n’a pas encore ouvert ses portes que l’on s’active en coulisse.
Dès la veille au soir et encore aux premières heures ce mardi matin, les chemins, fossés, et espaces d’exposition et de démonstrations sont abondamment humidifié.
"Nous avons déversé 200.000 litres d'eau, un travail réalisé en collaboration avec le personnel communal, les pompiers et des entreprises présentes sur le site. Lors de notre tour hier soir, nous nous sommes rendus compte que des groupes électrogènes n'étaient pas suffisamment protégés, nous avons ramené du sable supplémentaire"
Mathieu Rossignol bourgmestre de Bertrix
Une quarantaine d’agents DNF de la direction de Neufchâteau se sont vus prié d’assurer le service. Une réquisition de dernière minute qui n’en porte pas le nom, bien qu'ont été signifiées les menaces de sanctions en cas de refus…
Il faut dire que les conditions climatiques sont exceptionnelles. Les contrôles permanents sont indispensables. "Ici, nous avons demandé à cette société de déplacer le groupe électrogène. Il était encore trop proche des arbustes", indique Jonathan Batteux, sapeur pompier à la zone de secours Luxembourg.
Jusqu’au bout incertain, les machines ont finalement reçu le feu vert pour déployer leur technologie et montrer leur capacité de travail. En site propre. En condition réelle. C’est qui rend Demo Forest unique en Europe.
"Je suis revendeur et j'aime venir ici voir les machines en action. Ça me permet de mieux conseiller mes clients"
Antoine Keymelen, A&C (Rebecq)
Deux cents exposants sont réunis le long d’un parcours de 4km500.
Fondée il y a quatre ans à Arlon et Bastogne, Bois Ruraux est une société immobilière spécialisée dans la vente de biens agricoles ou forestiers. Elle est présente pour la première fois sur Demo Forest.
"Nous sommes agronome. Nous avons une connaissance précise de la nature, de la sylviculture, de la valeur des biens naturels. Toutes les forêts ne se ressemblent pas. Nous avons une approche spécialisée"
Adrien Demecheleer, cofondateur de Biens Ruraux
D’autres nouveautés sont mises en lumière sur le parcours innovations. Cela va de l’usage de technologies issues de l’aéronautique sur ces perches d’élagage conçues en Bretagne… à l'adaptation de têtes de découpe, davantage connues pour les résineux, mais améliorées par la société Charlier Engineering (Theux) pour un usage sur des feuillus.
"Les bois feuillus sont plus durs et moins rectilignes. Il nous a fallu adapater la tête pour qu'elle soit à la fois plus résistante, mais aussi plus souple pour lui permettre de s'adapter à la forme du tronc"
Alain Charlier, fondateur de Charlier Engineering
Mais l’usage de machines aux charges toujours plus imposantes n’est pas sans conséquence sur le sol, plus compact, moins aéré.
Certains forestiers continuent de faire de la résistance et veulent croire dans la rentabilité du cheval de trait
"Un sol préservé va offrir un substrat qui permettra une meilleure croissance des arbres. En revanche des sols compactés vont avoir besoin de gros travaux pour les ramollir et les rendre à nouveau disponibles. Ça fait grimper la facture. Dans certaines conditions, à long termes, le cheval de trait est plus rentable"
Gaëtan Pyckhout, chargé de mission Meneurs.be et Horsepower
Et pour ceux qui veulent s’en rendre compte par eux-mêmes, Demo Forest rouvre ses portes ce mercredi 29 en forêt bertrigeoise.