"La question n'est pas savoir s'il y a un risque, mais bien si l'on prêt à faire face à une cyberattaque !"
Que l'on exerce au sein d'une asbl, d'une entreprise, pour le compte d'un pouvoir public... personne n'est à l'abri d'un piratage informatique. 
A Transinne, le centre de cyberdéfense informe, forme et teste.

La province de Luxembourg a encore en mémoire l'attaque dont ont été victimes les services de Vivalia. Peu de temps après, nous avions rendu compte sur TV Lux de cette pme installée à Bertrix, incapable de faire fonctionner son usine. Et ce mardi, nous avons entendu les déboires de la radio associative Studio S. 
Petit ou grand, plus personne n'est à l'abri. 

"Effectivement, plus personne n'est à l'abri. Une grande majorité des attaques que l'on voit de nos jours sont des attaques de type "opportuniste". Les hackers arrosent  Internet avec différents outils. Et ce n'est que qu'ils tombent sur un site Internet vulnérable ou sur une personne qui ouvre un lien malveillant, c'est qu'à ce moment-là qu'ils se rendent compte du site qu'ils attaquent. C'est là qu'ils voient si ça vaut la peine de continuer ou pas pour essayer de gagner un maximum d'argent"
Johan Helin, ingénieur en cybersécurité Nexova (Transinne)

Une menace qui grandit

"La menace évolue à un rythme effréné. Si on compare 2025 à 2024, on remarque qu'il y a une augmentation de plus de 165% des attaques. En 2025, 56% des grandes entreprises ont été attaquées.
On constate très nettement l'usage de l'intelligence artificielle qui rend aujourd'hui ces attaques de plus en plus fines, dangereuses, avec des dégâts qui sont immenses"
Georges Cottin, conseiller général d'Idélux

Réagir vite, ne pas éteindre le PC, mais se couper d'internet 

"Lors d'une attaque, il y a des signes. Malheureusement, la fenêtre de temps est de plus en plus courte, de par la rapidité d'exécution des ordinateurs, mais aussi de par l'optimisation des logiciels malveillants. Mais une fois qu'on commence à constater un ordinateur anormalement lent, ou des comportements avec des fenêtres qui s'ouvrent et qui se ferment, ça peut laisser penser qu'il y a des logiciels malveillants qui sont en train de se mettre en route. 
Dans ce cas, on n'éteint pas la machine ! Mai on la déconnecte d'Internet : on retire son câble réseau ou on éteint sa boxe si c'est à la maison. Ça permet de garder l'ordinateur allumé, s'il fallait faire des analyses plus approfondies, on a encore ce qu'il faut pour comprendre ce qui s'est passé."
Johan Helin, ingénieur en cybersécurité Nexova (Transinne)

Demande de rançon : payer ou pas ?

"C'est toute la question. Il faut bien comprendre que c'est un crime tellement lucratif de nos jours que les hackers n'ont pas intérêt à ne pas satisfaire à votre demande. Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied.
On voit qu'entre 40 et 50 % des entreprises qui ont payé des rançons ont quand même pu récupérer leurs données. Ça, c'est un fait.
Johan Helin, ingénieur en cybersécurité Nexova (Transinne)

S’informer et se former

Idelux a lancé un vaste chantier autour de la cybersécurité à Transinne, point névralgique pour toute la Belgique, pour offrir  des services à l'adresse des pouvoirs publics et des sociétés, dans le but d’ informer, de former, et de tester.

« Exactement. Nous avons un premier outil qui s'appelle un Cyber Range. C'est une infrastructure top niveau qui permet de faire un jumeau numérique de l'infrastructure IT de l'organisation en question. 
Nous faisons une copie de son environnement it, avec l'aide de notre sous-traitant, Nexova. Et sur base de ce jumeau numérique, on réalise des attaques réelles. Nous formons les personnes afin qu'elles réagissent adéquatement. 80 à 90% des attaques qui réussissent sont dues à des erreurs humaines »
Georges Cottin, conseiller général d'Idélux
« Généralement, les entreprises sont conscientes de la menace. Mais elles ne sont pas prêtes à y faire face. Donc, grâce au Cyber Range, on peut effectivement faire ces mises en situation pour gagner en maturité dans tous ces exercices, dans les réflexes à avoir, que ce soit au niveau de l'utilisateur, au niveau des dirigeants d'entreprises ou des équipes informatiques. Au fur et à mesure de ces répétitions, on devient de mieux en mieux préparé, mieux armé. Peut-être pas toujours pour empêcher, mais en tout cas pour réagir le plus rapidement possible et se relever le plus rapidement possible.
Le plan de continuité, c'est vraiment une des tâches qu'il faut mettre en place."
Johan Helin, ingénieur en cybersécurité Nexova (Transinne)

Via le cyber range, tester son entreprise gratuitement

Ce Cyber Range est ouvert aux pouvoirs publics. Il est aujourd'hui gratuit grâce à l'intervention de la région wallonne. Quatre modules sont à disposition.

Quatre ou cinq communes ont à ce jour montré leur intérêt. C'est relativement peu. Nous avons donc fait une campagne de sensibilisation auprès des pouvoirs publics et auprès des entreprises. Nous allons organiser trois formations d'une demi-journée fin septembre, fin octobre, fin novembre. Nous avons déjà 53 inscrits, beaucoup de pouvoirs publics. Tant mieux, c'est très bien. Et nous proposons également, au niveau d'idelux projet public, via ce qu'on appelle une centrale d'achat, toute une gamme de services activables très facilement.
Georges Cottin, conseiller général d'Idélux