Economie

Stop à la rumeur : le groupe Fruytier n’est pas à vendre

Stop à la rumeur : le groupe Fruytier n’est pas à vendre
 Publié le lundi 05 juillet 2021 à 15:49 - Mis à jour le mardi 06 juillet 2021 à 17:38    Bertrix - Marche-en-Famenne

Depuis plusieurs semaines, le groupe Fruytier, géant de la transformation de bois résineux, fait l’objet de rumeurs évoquant la vente de l’entreprise à des Chinois. Il n’en est rien. Mais les inquiétudes sont telles, que Pierre et David Fruytier ont tenu à rassurer leurs clients et fournisseurs.


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Si les premiers bruits ont fait sourire Pierre Fruytier et son fils David, l’ampleur de la rumeur les a très vite rattrapés. Quand, où, comment est-elle née ? Nul ne le sait, c’est le principe même de la rumeur. “Il nous est revenu via des clients, que l’on aurait vendu notre société aux Chinois. Quelque temps après, c'était des Allemands, puis des Hollandais. Nous avons même eu droit au continent africain”, témoigne David Fruytier. Mais au vu de l’inquiétude suscitée, et des réactions, pas toujours heureuses, de clients et fournisseurs, les patrons de la société familiale ont mis les choses au point, dans un courrier adressé à tous, et que le jeune patron nous a détaillé.

100% à la famille Fruytier

Aucun Chinois ne s’est manifesté de près ou de loin pour acquérir la société. La société n’est pas vendue, ni à des Chinois, ni à qui que ce soit. Le groupe Fruytier est donc toujours bien détenu à 100% par la famille Fruytier”, (r)assurent d’emblée Pierre et David Fruytier, avant de présenter tous les éléments qui tendent à prouver que l’entreprise est, et restera dans le giron familial. Mais ils ne s’en cachent pas : la société suscite régulièrement l’intérêt de candidats acquéreurs. “Au regard de notre profil (...) et de nos atouts, il serait inquiétant de ne pas être approchés. Ceux (qui n’étaient pas chinois) qui se sont réellement présentés n’avaient pas l’envergure pour absorber un groupe qui se trouve parmi le TOP20 européen des scieries résineuses. Le groupe n’est pas vendu, et personne n’étudie la reprise du groupe.

35 millions pour une nouvelle chaudière à l'usine de pellets à Bertrix

Le groupe Fruytier continue même ses investissements : 65 millions au total, dont plus de la moitié, 35 millions, pour le remplacement de la chaudière de l’usine à pellets Erda à Bertrix.  “Le site approche la vingtaine d’années. Il nous faut penser à remplacer le corps de chauffe, nous explique David Fruytier. Nous avons introduit une demande de permis à la Région wallonne pour construire de nouvelles installations juste en face de l’actuel bâtiment, dans le prolongement du parc à conteneurs. Nous en profiterons pour augmenter de 80.000 tonnes les capacités de fabrication, pour arriver à 200.000 tonnes de pellets.
Parallèlement, Erda améliorera la qualité de l’électricité verte produite. "L'excédent de chaleur utilisé dans la fabrication de pellets produit de l’électricité verte, directement réinjectée sur le réseau bertrigeois. Nous avons opté pour une nouvelle génératrice, plus modulable que les anciennes générations, donc mieux adaptée aux variations de consommation”, détaille David Fruytier.

30 millions en Bourgogne

Parallèlement, le groupe investira sur son site bourguignon en France : 10 millions pour une unité de pellets, 15 millions pour une usine de sciage de gros bois, et 5 millions pour une station de découpe.  “Nous investissons dans notre groupe pour le faire évoluer et qu’il garde son statut de partenaire local, fiable et industriel”. Tout en reconnaissant que la conjoncture ne pousse pas à la vente : “Le marché actuel connaît une forte croissance, et nous savons que le secteur bois a encore de très belles perspectives devant lui. Il serait donc peu opportun, après de longues années de difficultés du secteur à produire de la marge, de vendre le groupe au moment où justement ces marges se redressent.

75 ans en famille, et plus...

L’entreprise Fruytier a vu le jour en 1946, sous l’impulsion d’André, exploitant forestier néerlandophone, venu à On (Marche-en-Fammenne) pour se rapprocher de la ressource première. La société comptait alors jusqu’à 150 bûcherons.

 Trente ans plus tard, Pierre et Herman, les fils, ont créé la première scierie, à Marloie, puis poursuivi les investissements, faisant de la société familiale un des plus grands groupes européen dans le secteur du bois résineux.

Aujourd’hui, David, 3ème génération, prépare l’avenir toujours en famille. Âgé de 43 ans, il est entré dans la société voici une vingtaine d’années, et il s’apprête à reprendre les rênes d’un outil qu’il compte adapter aux exigences de demain. : “Nous avons engagé du personnel hautement qualifié, notamment des informaticiens, pour  faire évoluer le groupe. La rumeur de revente a sans doute été alimentée par les récents consultants que nous avons mandatés pour mieux nous organiser”, avance le futur CEO.

Et le communiqué de conclure, en forme de clin d'œil : “David Fruytier a ses propres idées pour améliorer l’expérience des clients, fournisseurs et partenaires. Une chose est sûre, il n’est pas chinois.


Christophe Thiry