Le 13 juillet, en commission du parlement wallon, plusieurs députés dont les Luxembourgeois Mélissa Hanus et François Huberty, ont réclamé que toute la clarté soit faite sur les soupçons de conflit d'intérêts au sein du parc national de la Vallée de la Semois. Dans l'opposition, on demande un audit externe.

L'affaire avait éclaboussé la journée d'inauguration des actions du parc national de la Vallée de la Semois. Le 3 juillet dernier, nos confrères du Soir publiaient une enquête fouillée sur un possible conflit d'intérêt à la tête du parc. En cause, les liens personnels entre le co-directeur, Nicolas Ancion, et le porteur de projet d'une station équestre à St Médard (Hebeumont).

Ce lundi 13 juillet, en commission agriculture, nature et ruralité du Parlement Wallon, la ministre Anne-Catherine Dalcq (MR) a du répondre à série de questions développées par les députés wallons François Huberty (Les Engagés), Mélissa Hanus (PS), Nicolas Janssen (MR) et Freddy Mockel (Ecolo) avec en filigrane une demande commune : que toute la clarté soit faite sur ce projet qui bénéficie d'un soutien public de près d'un million d'euros.

Sur cette requête, la ministre Dalcq leur a répondu que « le doute en la matière n'est pas envisageable et, si les faits devaient être confirmés, ils ne sont pas admissibles ». L'administration a reconnu ne pas avoir eu connaissance des liens personnels existant entre le co-directeur et le responsable de l'asbl impliqué dans le projet de centre équestre. Comme elle l'avait déjà signifié à notre micro, la ministre dit avoir saisi son administration et demandé « des vérifications complémentaires » et « des analyses approfondies » au niveau juridique, mais aussi concernant le respect des procédures.

Y-a-t il eu "un trou dans la raquette" de la gouvernance ? 

Sur ce point, le député écolo, estime qu'il y a « un trou dans la raquette » dans les critères de vérifications. Il demande un audit externe, tout comme la députée luxembourgeoise, Mélissa Hanus (PS) qui estime qu'il faut un regard indépendant. « Si tout est en ordre, un audit blanchira les acteurs concernés et renforcera la crédibilité du parc. À l’inverse, si des failles existent, elles devront être corrigées ».

« Tout cela doit être éclairci au plus vite » a demandé François Huberty (Les Engagés) mettant en avant la nécessité d'une « gestion rigoureuse des deniers publics ».

De son côté, le député Nicolas Janssen (MR) estime qu'au-delà de ce dossier, il convient d'évaluer les actions des parcs nationaux. « Nous devons aussi pouvoir objectiver les retombées concrètes des investissements réalisés dans les parcs nationaux, tant pour le tourisme que pour l’économie locale et pour la biodiversité ».

Ecolo Luxembourg monte au créneau

Suite à l'interpellation du député Mockel, Ecolo Luxembourg a déclaré, par la voix de son co-président Romain Gaudron, qu'il se montrera « extrêmement vigilant » sur l'évolution de ce dossier. « Nous exigeons une gouvernance irréprochable : chaque euro investi doit l'être dans l'intérêt général pour le déploiement d’un tourisme durable et la nature, non pour favoriser des cercles d'interconnaissance. La confiance des citoyens dans nos institutions est à ce prix. »