Ce mardi 12 mai, une manifestation nationale est organisée à Bruxelles à l'appel des syndicats, pour s'opposer aux mesures d'austérité des gouvernements azur et arizona. Nous avons suivi un groupe de manifestants dans le train entre Arlon et Libramont.
7h en gare d'Arlon, un groupe de manifestants de la CSC se rassemblent pour le départ vers Bruxelles. On y retrouve notamment plusieurs enseignantes de l'Institut Notre-Dame d'Arlon, bien décidées à faire entendre leur voix lors de cette manifestation nationale intersectorielle.
"Ce qui me motive à participer? C'est de garder mon job, parce que le gouvernement a décidé d'augmenter de deux heures les profs du supérieur et comme je suis l'une des dernières profs arrivées, si on ajoute deux heures à chaque prof, moi je perds mon job" explique Clarisse Toulmond, enseignante à l'INDA.
Les enseignants sont particulièrement mobilisés face aux réformes des gouvernements azur et arizona. "On cumule, un peu tout" résume une enseignante de l'Athénée royal de Virton. Il est vrai que les profs sont à la fois touchés par les mesures de la Fédération Wallonie Bruxelles (temps de travail, statut, réformes, ...) que du fédéral (pensions, âge de départ à la retraite). Et ce n'est pas un hasard si les manifestantes sont les plus nombreuses ce matin.
"Pour les pensions, on change les règles en cours de route" s'insurge Marie-Françoise Stine, également enseignante à l'INDA " et pour les femmes qui ont eu des interruptions de carrière, qui ont eu des pauses pour garder leurs enfants parce que parfois elles n'avaient pas le choix, elles vont se retrouver dans des situations absolument abominables. Alors qu'elles ont donné à la société leur force vive pour élever des enfants, pour leur permettre de grandir et d'être des citoyens responsables dans le monde d'aujourd'hui, je trouve ça absolument honteux et injuste".
Après presque deux années de manifestations, maintenir la pression relève du challenge pour les organisations syndicales. Néanmoins, le secrétaire nationale de la CSC Luxembourg, Yannick Vincent est satisfait de la mobilisation de ce mardi matin.
"La mobilisation reste quand même très satisfaisante, puisqu'encore ici on a environ 400 de la province au niveau de la CSC à monter, ce qui est déjà pas mal du tout pour une mobilisation, en plus la semaine de l'Ascension".
Si la réforme des pensions fait partie des projets les plus décriés par les manifestants (et l'objet de calicots comme ci-dessus), le dernier projet d'indexation partielle des salaires crispe également les syndicats.
"On veut bien entendre qu'il faut faire des économies, mais je pense que les travailleurs ont assez donné, avec toutes les mesures qui ont été prises jusqu'à maintenant. Il est peut-être temps d'aller chercher l'argent autre part, notamment dans les grandes fortunes. On ne parle pas ici des petits patrons de PME, mais il y a quand même des grands employeurs en Belgique qui pourraient participer davantage".
De son côté la FGTB Luxembourg a mobilisé 300 personnes pour cette journée de manifestation nationale.

Photo : FGTB Luxembourg