Ce mardi 14 avril, la justice a rendu son jugement dans l'affaire Veviba, plus de huit ans après le scandale alimentaire qui a conduit à la fermeture de l'abattoir de bastogne. Trois employés ont été acquittés mais les trois principaux accusés sont reconnus coupables. Ils écopent d'amendes mais pas de prison ferme.

De la viande décongelée puis recongelée, des infractions à l'hygiène, à la traçabilité, et des faux et usages de faux. Lors de l'audience en février, le ministère public n'avait pas hésité à parler d'un "système mafieux". Il avait requis deux ans de prison et 15.000 euros d’amende à l'encontre de l'ancien patron de Veviba. Son avocat, lui, avait évoqué un procès à charge et plaidé l’acquittement. Finalement ce mardi, le tribunal correctionnel a reconnu l’intégralité des faits reprochés à Diederik Verbist, mais sans aller jusqu'à une peine de prison ferme.

"Il est condamné à une peine qui se rapproche plus du symbolique qu'à une peine ferme, puisqu'il est condamné à un an de prison avec sursis complet. Il est condamné également à une peine d'amende pour faire bref de 16 000 euros, mais avec sursis pour 6 000 euros, ce qui veut dire qu'il est condamné concrètement à payer 10 000 euros d'amende, outre les frais de justice"
Me Renaud Molders-Pierre, avocat de Diederik verbist, ancien patron de Veviba 

Autre dirigeant de l'entreprise, Lodewijn Verbist, est quant à lui condamné à 10 mois de prison avec sursis et 12.000 euros d'amende, avec sursis partiel . Reconnu également coupable, un responsable de la commercialisation des produits de l'abattoir bastognard, échappe lui aussi à l'emprisonnement, avec une peine de six mois avec sursis. 

"Et une peine d'amende de 8 000 euros avec un sursis pour moitié, donc 4 000 euros. Oui, c'est un soulagement pour lui aujourd'hui de ne pas rentrer en prison, de ne pas avoir une peine d'emprisonnement ferme. Maintenant, ce n'est pas l'acquittement et donc, il se réserve évidemment le droit de pouvoir interjeter appel de ce jugement".
Léa Marquis, avocate

Les deux membres de la famille Verbist vont également devoir examiner la possibilité d'un recours. Avec le risque d'être condamné plus lourdement en appel... pour une affaire de fraude alimentaire qui avait éclaté publiquement en février 2018.

"C'est un long de combat pour M. Verbist. Psychologiquement, moralement et même financièrement, ça a un impact pour lui. Donc, on va discuter avec lui de cette opportunité d'appel. Maintenant, si ça ne te tient qu'à nous, d'un point de vue procédural et d'un point de vue de la culpabilité de M. Verbist, on a encore des choses à dire" 
Alexandre Hubermont, avocat de Diederik Verbist

545.950 euros pour les créanciers de l'abattoir

Les trois autres employés poursuivis ont été acquittés purement et simplement. Les cinq entreprises impliquées dans ces manquements graves à la sécurité de la chaine alimentaire ont été condamnées à des peines d’amende, avec sursis, comprises entre 4.000 et 64.000 euros. Les trois prévenus évoqués plus haut, ont également été condamnés à des confiscations allant de 100 à 250.000 euros. 

Quant aux créanciers de faillite de l'abattoir de Bastogne ils récupèrent plus d'un demi million d'euros sur les montants saisis à l'époque.