Ce 17 janvier, s'ouvre à Arlon l'exposition "Pablo Picasso, destins croisés". L'occasion de découvrir un aspect moins connu de sa production prolifique : les céramiques réalisées dans la dernière partie de sa vie avec des artisans français. 

"Il y a un Picasso en dehors de la peinture". Ainsi débute le premier tableau explicatif de l'exposition "Pablo Picasso, destins croisés". Les oeuvres exposées en sont la parfaite illustration, avec des dessins, des collages photographiques mais surtout... des céramiques. Moins connues du grand public, elles correspondent à la période où l'artiste investit l'atelier Madoura à Vallauris, dans le sud de la France, où s'est installé Picasso après la seconde guerre mondiale.

"Nous avons ici un ensemble d'une cinquantaine de pièces tout à fait exceptionnelles... des cruches, des chouettes ou des assiettes. Ces célèbres visages qu'il réalise en 1963. On voit d'ailleurs dans ces photographies de la Fondation Picasso, dans l'atelier de Madoura, avec les artisans céramistes. Parce que Picasso n'est pas un tourneur, il a besoin de spécialistes pour réaliser les pièces qu'il va ensuite peindre et décorer".
Jean-Christophe Hubert, commissaire de l'exposition

Sous la direction de Picasso et ses artisans (que l'exposition cite et met en avant pour la première fois), l'atelier produira des pièces d'une originalité et d'une modernité exceptionnelles. Dans son sillage, Dali et Miro s'essayeront également à la création de céramiques dont certaines sont reprises dans cette exposition.

Destins croisés aussi avec les femmes et l'Espagne

L'Espagne marque également en filigrane cette exposition où ses compatriotes Salvador Dali et Joan Miro ne sont jamais bien loin. L'occasion d'en apprendre plus sur les lien qui unissaient ces artistes incontournables du 20e siècle. L'exposition s'intéresse également aux femmes qui ont marqué la vie de Picasso : la céramiste Suzanne Ramié, Dora Maar, Françoise Gilot qui vont l'inspirer mais envers lesquelles il pourra se montrer particulièrement brutal.

Celui qui s'associait volontiers au mythologique Minotaure, imprime également dans ses céramiques son attrait pour la tauromachie. Une sélection exceptionnelle est d'ailleurs présentée en enfilade au Palais. 

L'exposition démontre l'esprit créatif infini de Picasso et sa soif d'expérimentation et de renouvellement constant. Elle est à découvrir du 17 au 26 avril 2026, de 13h30 à 17h30, au Palais, place Léopold à Arlon.

Des visites guidées sont possibles et un dossier pédagogique a été développé à destination des écoles.

Plus d'infos : 063 23 53 97