Inondations, incendies, crises sanitaires... sommes-nous prêts ? 
Face à un feu de forêt, précisément, avons-nous une bonne perception des gestes à adopter ? 
Pour le savoir, la Province de Luxembourg et l’ULg ont mis en ligne un grand quiz pour évaluer nos connaissances, et notre "culture du risque".

  • "Vous êtes témoin d'un départ de feu, classez  ces quatre actions par priorité",
  • "Vous appelez les pompiers, quelles infos devez-vous donner en priorité ?",
  • "Quelle température peut atteindre la tête d'une débroussailleuse en cas de bourrage/frottement",

Voilà, prises -presque- au hasard,  trois des 41 questions  mises en ligne cette semaine dans le grand quiz qui défie nos connaissances en matière d'incendie en milieu naturel. 

Initié par le projet  LuxResponse, le gouverneur du Luxembourg, la Province et l'ULg, ce questionnaire -minuté- vise une double démarche. 

"Nous avons fait le constat après les inondations qu'il y a peu d'expertise en Belgique sur la conscience, sur la connaissance du risque avec lequel nous devons évoluer.
Cet outil nous permet d'abord de mieux communiquer. Ensuite, au travers des enseignements qui vont nous être fournis par l'ULg Campus d'Arlon, nous allons peut-être identifier des faiblesses dans la connaissance du risque, dans la connaissance des bons gestes à adopter ou des attitudes à éviter. C'est l'objectif principal"
Olivier Schmitz gouverneur de la province de Luxembourg

Davantage conçu pour un usage sur smartphone, le quiz se veut à la fois ludique et informatif. Et au risque de provoquer une forme de frustration chez l'utilisateur, le questionnaire est volontairement minuté. 

"Un incendie est un événement  dangereux et stressant. Face à un événement dangereux et stressant, les humains, de manière générale, perdent une partie de leur capacité cognitive et passent sur un fonctionnement qui est plutôt automatique : les réactions sont innées. Elles sont instinctives. 
Mais en s'entraînant, comme le font les pompiers et toute personne qui s'exercent à la gestion de crises, on augmente notre culture du risque"
Ida Bertel, chercheuse principale ULg

Ce quiz s'inscrit dans une démarche de formation à la Culture du risque, cheval de bataille du gouverneur Olivier Schmitz.  

"Dans notre esprit, la culture du risque, c'est avoir une connaissance, une conscience et une mémoire du risque proche de chez soi". 

Se former, pour être le premier garant de sa propre sécurité

"On ne va pas se faire peur, mais on voit les effets de la canicule, des incendies, des inondations. Il faut vraiment, je pense faire preuve de lucidité et se rendre compte que la solution sera collective, que jamais l'État n'aura les moyens, quelles que soient les compétences de ses services de secours et de gestion de crise, d'apporter la solution pour tout le monde. Il faut que chacun se forme et soit apte à être le premier garant de sa propre sécurité"
Olivier Schmitz gouverneur de la province de Luxembourg

Est-ce pour pallier le manque de moyen ?  "Non, c'est un complément. Ce que ce qu'on a construit sur les 50 dernières années était basé sur le fait que des catastrophes arrivaient de façon très ponctuelle, qu'elles étaient essentiellement liées à l'activité humaine. C'est le constat. Et puis, on a deux grands changements : le dérèglement climatique qui chamboule toutes nos certitudes et qui nous oblige à revoir le modèle. Et les situations géopolitiques qui nous obligent à réfléchir.

"La réponse sécuritaire a été construite à une époque où l'État pouvait se permettre, effectivement, d'apporter une réponse adéquate. Là, maintenant, le monde a changé. Il faut évidement continuer à renforcer les moyens des services de secours, mais nous devons, chacun d'entre nous,  apporter notre pierre à l'édifice de notre sécurité"
Olivier Schmitz gouverneur de la province de Luxembourg