Le président des Engagés, Yvan Verougstraete, a été entarté lundi soir à Florenville à l’issue d’une réunion organisée par la section locale de son parti. L’auteur du geste est un professeur de menuiserie qui reconnaît avoir lancé une assiette en carton remplie de crème fraîche afin de dénoncer des injustices dans l’enseignement.
La rencontre, ouverte au public, réunissait des sympathisants ainsi que des citoyens venus échanger sur plusieurs sujets d’actualité. Une inscription préalable était demandée, mais certains enseignants qui ne s’étaient pas enregistrés ont néanmoins été autorisés à participer.
Parmi les thèmes abordés au cours de la soirée, l’enseignement a occupé une place centrale. Malgré des échanges parfois sensibles, l’ambiance est restée calme et constructive jusqu’au terme de la rencontre.
« Après deux heures de débat, la soirée touchait à sa fin. Alors que les participants étaient debout, échangeant encore quelques mots avant de quitter les lieux, Yvan Verougstraete a été victime d’un entartage ». Camille Maitrejean, Bourgmestre de Florenville (Les Engagés).
Les Engagés dénoncent une agression
Au sein du parti centriste, l’incident est considéré comme une agression à l’encontre d’un responsable politique venu dialoguer avec les citoyens.
« Le mouvement regrette que certaines personnes soient fermées à l’idée de faire des efforts dans le contexte actuel. Mais nous ne mettons pas tous les enseignants dans le même sac ». Marine Lambrecht, porte-parole des Engagés.
Après l'incident, Yvan Verougstraete aurait néanmoins fait preuve d'humour en estimant que "la crème fraîche était bien sucrée".
Un geste revendiqué
Simon, 40 ans, professeur de menuiserie à l’École libre de Lorraine (ELLO) à Arlon depuis vingt ans, assume pleinement son acte. Il explique avoir prémédité son action en réaction à l’évolution de l’enseignement.
« C’est un acte clairement prémédité. C’est une réaction personnelle à ce que je vis, à savoir la perte de ma classe de menuiserie dans deux ans ». Simon, Professeur de menuiserie.
L’enseignant se dit particulièrement préoccupé par la disparition annoncée des premières et deuxièmes années différenciées ainsi que par les répercussions de certaines réformes sur les filières techniques.
« C’est une réponse violente à des réformes violentes et injustes. Les enseignants ne sont pas entendus, pas considérés. J’ai voulu dénoncer tout cela ».
« J’ai entarté un symbole »
Au-delà de sa situation personnelle, Simon affirme vouloir attirer l’attention sur les suppressions d’emplois qui peuvent découler de la fermeture d’options techniques lorsque le nombre d’élèves inscrits devient insuffisant.
« Je n’ai pas entarté un personnage, j’ai entarté un symbole. C’est un acte personnel, ce n’est pas un acte de Mars Attack ou d’un quelconque syndicat. C’est un acte réfléchi par dégoût, par fatigue ». Simon, Professeur de menuiserie.
Les Engagés soulignent que les critiques formulées par l’enseignant concernent des réformes mises en œuvre par la précédente majorité et non par l’actuelle. Malgré l’incident, aucune plainte ne sera déposée.