Ce vendredi 23 janvier, le gouverneur, Olivier Schmitz a prononcé sa traditionnelle Mercuriale. Un discours de début d'année axé sur une analyse scientifique des vulnérabilités de la Province de Luxembourg face au changement climatique.

Ni politique, ni militant, mais assurément... scientifique. Ce vendredi, le gouverneur de la Province de Luxembourg a souhaité décrire très concrètement les effets qu'auront le changement climatique sur nos vies dans un horizon de 5 à 25 ans. Pour ce faire, il a commandé une étude détaillée à des scientifiques reconnus pour leurs travaux en la matière, notamment dans le cadre de l'Agence wallonne de l'air et du climat (AWAC).

"C'est une réalité. Une part du changement est désormais enclenchée et notre responsabilité collective est de travailler dès aujourd'hui sur notre capacité d'adaptation". 

L'étude demandée se penche donc sur la Province de Luxembourg. Un territoire rural, peu peuplé et recouvert pour moitié de forêts. Une force mais aussi une faiblesse face au dérèglement climatique en cours.

"C'est un peu le constat, c'est que ses forces sont sa vulnérabilité. On a de superbes forêts, on a une agriculture très développée, mais ça nous rend fragiles par rapport aux enjeux liés à l'eau, au déplacement des saisons, à la chaleur... aux vagues de chaleur qui vont arriver et qui vont faire de ces joyaux, de ces piliers de l'économie, des secteurs plus vulnérables... si on ne s'adapte pas rapidement" explique Olivier Schmitz.

Le changement climatique révélateur des inégalités sociales

L'étude met également en avant le rapport direct entre climat et santé, notamment au travers d'événements climatiques extrêmes (sécheresse, canicules, dégradation de la qualité de l'air, développement de maladies, etc.). Un contexte où le changement climatique peut agir comme un révélateur des inégalités sociales.

"Les scientifiques considèrent que le réchauffement climatique est une crise sanitaire en tant que telle, au niveau mondial, et qu'effectivement, ça va avoir un impact. Et les inégalités sociales vont probablement être un vecteur de multiplication des crises, en ce qui concerne l'accès à la prévention, à des habitats adaptés, à un accès aux soins de santé de première ligne" détaille le gouverneur.

Autant de domaines à prendre en compte dans le développement des actions publiques. Dans cette optique, l'aménagement du territoire est primordial pour l'impact qu'il aura demain.

 "Le Pr Tellier (ULiège) nous invite à réfléchir et, peut-être, repenser l'aménagement du territoire. Il est à la fois partie prenante de la solution, mais également source de risques. Notre paysage étant également un des atouts économiques de notre territoire, il est essentiel de le préserver" estime Olivier Schmitz.

Mais le réchauffement profitera peut-être au tourisme en Luxembourg. Si en Ardenne les hivers neigeux seront de plus en plus rares, les étés accueilleront peut-être des touristes en quête de fraicheur.

"À l'horizon d'un réchauffement global de +2°C, la Wallonie connaîtrait un climat comparable à celui du Val de Loire ou de la façade atlantique française actuelle, mais avec davantage d'extrêmes". Autant dire avec son lot d'inondations et d'incendies de forêts, un scenario pas vraiment enviable mais auquel il convient de se préparer.

Olivier Schmitz espère que ce travail de vulgarisation scientifique servira de guide aux décideurs politiques face aux défis qui s'annoncent. L'étude complète (qui dépasse le discours de ce vendredi) sera prochainement mise en ligne sur le site du Goouverneur de la province de Luxembourg.

En attendant, l'intégralité du discours est à revoir sur la page de la Province de Luxembourg.