Ce jeudi, l’inspection du travail a décidé de fermer les hangars de la société Thrab juste derrière la gare de Marbehan. En cause, des manquements à la sécurité incendie. Une vingtaine d’entreprises locataires se retrouvent privées de locaux. Certaines ont récupéré une partie de leur biens en catastrophe ce jeudi soir.
Ce jeudi soir, c’est le branlebas de combat devant les hangars de l’ancien site Trabelbo. Alertés d’une fermeture imminente des locaux, des entreprises locales retirent à la va-vite leur matériel ou marchandises. Parmi celles-ci : le Réseau Paysan, la coopérative qui alimente les épiceries locales de la Province de Luxembourg. Installée depuis 2023 dans l'un des immenses halls du site, elle charge des camions avec toutes ses denrées alimentaires issues du circuit court.
« Tout le frais est dans un camion frigo, et on charge tout en espérant trouver une solution bis. Tous nos producteurs sont en stand by, on en a une centaine de producteurs et 150 entreprises qui risquent de ne pas recevoir leurs produits. Ce soir, on est complètement à la rue et complètement désespérés ». Hélène Deketelaere, coordinatrice du Réseau paysan.
Une décision de l'inspection du travail
Ce coup de massue est également tombé sur d’autres locataires ce jeudi à la suite d’une visite de l’inspection du travail, probablement sur base d’une dénonciation. Dans une injonction que nous avons pu lire, ce service du SPF Emploi, travail et concertation sociale, dresse un constat sans appel : « la visite de ce jour démontre que le risque d’incendie et l’évacuation ne sont pas du tout maîtrisés. Le bâtiment a une superficie de plusieurs centaines de m2 et il n’y a pas de plan d’évacuation, ni de sortie de secours ». Plus grave, l’inspecteur note l’absence « d’analyse de risque Atex » pour l’activité de menuiserie du propriétaire de lieux dans l’un des halls du site. Une analyse qui permet d'évaluer et de prévenir les risques d'explosion dans les environnements industriels, où des atmosphères explosives peuvent se former, par exemple avec la poussière de bois.

Contacté par nos soins, le propriétaire, Pierre Maréchal, revient actuellement de France pour tenter de résoudre cette crise et répondre aux questionnements légitimes de ses locataires.
« C’est une situation qui me désole. Et j’adresse mes plus plates excuses à mes locataires ». Le propriétaire nous explique avoir été surpris comme ses locataires, ne pas avoir eu de rappel à l’ordre préalable à cette fermeture et ignorer encore le détail du rapport de l’inspection du travail.
« J’ai été en contact direct avec l’inspecteur qui m’a conseillé d’appeler notre conseiller en prévention pour qu’il dresse un plan d’actions adéquat. C’est ma priorité actuellement, et la société nous envoie un expert dès vendredi matin. Je n’en sais pas plus actuellement, mais il y a des manquements par rapport aux normes en vigueur ».
Pierre Maréchal, propriétaire du site
Inutile de dire que certains de ses locataires sont particulièrement remontés contre lui. Si certains d’entre eux n’utilisent les lieux "que" pour du stockage, d’autres y entreposent tout leur matériel ou y développent leur activité principale.
« Là on attend la pose des scellés, forcément j’ai du vider tout mon dépôt. Sinon, je ne peux pas profiter de mon matériel et de mes fournitures... c’est très problématique, pour moi, mes ouvriers et mes clients. Heureusement on a des amis, on a trouvé des solutions provisoires, à droite à gauche »
Benoît Jehaes, entrepreneur en parcs et jardins à Marbehan

En cette période de vacances, certaines de ces entreprises n’ont pas eu l’occasion de revenir vider leurs cellules ou espaces de stockage. Brasseur de la Rulles, Grégory Verhelst, utilise également les lieux. Il va aussi devoir s’adapter : « Pour nous ce n’est pas gênant pour notre activité mais vraiment embêtant pour le stockage. On doit trouver des solutions, sans savoir quand on pourra réintégrer les lieux ».
La balle est à présent dans le camp du propriétaire. Du côté de la commune de Habay, on va voir si des aides peuvent être apportées à ces entrepreneurs locaux dans le besoin.
