La transmission des fermes est un enjeu de taille pour assurer la pérennité agricole. Pour aider les agriculteurs dans cette démarche, le Parc naturel de l'Ardenne méridionale a organisé un cycle de cinq ateliers sur son territoire, en collaboration avec la FJA, la FUGEA et Terre-en-vue.

Carl Lothaire est agriculteur à Maissin depuis 1993. Passé en bio cinq ans plus tard, il élève désormais 300 limousines. Ce métier passion, Carl l'a transmis à sa fille Juliette, étudiante en agronomie, qui souhaite à terme reprendre l'exploitation familiale.

"On est dans une chouette exploitation, lance l'agricultrice en herbe. J'ai toujours eu cette vision d'une ferme bien entretenue et donc j'ai envie de continuer ce beau travail."

"Dans un schéma idéal, on aimerait remettre notre ferme à un de nos enfants, glisse Carl Lothaire. Mais est-ce idéal quand on sait ce que cela implique ? Laisser endosser la reprise de sa ferme à un de ces enfants suscite évidemment beaucoup de craintes."

60% de fermes en moins

Car la transmission des fermes est devenu un enjeu majeur en Wallonie. 60% des exploitations ont disparu sur les trente dernières années. Une tendance qui s'explique par des fermes devenues plus grosses et qui ont donc un patrimoine plus important à transmettre.

"Une ferme moyenne peut rapidement se chiffrer à 1 ou 2 millions d'euros, prévient Astrid Ayral, chargée de transmission à la FUGEA. C'est une grosse difficulté. Avec le prix du foncier, des machines et du bétail, on se retrouve dans des montants de reprise qui sont parfois astronomiques. Le tout dans une conjoncture très fluctuante et avec des banques qui veulent de la rentabilité."

Une charge psychologique

Pour aider les agriculteurs dans cette démarche de transmission, le Parc naturel de l'Ardenne méridionale a organisé un cycle d'ateliers sur son territoire. Avec l'aide de la FUGEA, de la FJA et de Terre-en-vue, les participants ont pu aborder différents aspects de la revente de leurs biens agricoles. Des biens qui se calculent parfois au-delà de l'aspect matériel.

"L'aspect psychologique est très important également, note Sylvie Laurant, du Parc naturel de l'Ardenne méridionale. Le poids de l'héritage de la ferme, d'un patrimoine, d'un élevage. Le fait de ne pas avoir de repreneur identifié donne une impression de ne plus maitriser l'exploitation que l'on céderait à un de ses enfants."

Dans ce cadre, plusieurs structures peuvent aider les agriculteurs à organiser leur transmission. Une transmission qui généralement peut prendre deux à cinq ans.

Les informations peuvent être retrouvées sur le site de la FUGEA ou via ce lien.