Ce vendredi, c'est jour de marché à Athus mais également... à Messancy. Depuis quelques semaines, deux marchés ont lieu en même temps à moins de 6km de distance. Une situation qui fait suite au départ d'un groupe de commerçants ambulants du marché athusien. Nous avons pris la température dans les allées des deux marchés, vendredi passé.

"La guerre des marchés" c'est ainsi que certains résument la situation dans le sud de la province où deux marchés se déroulent, en même temps, à 6km de distance. Dans les allées, pas de grenades ( à part peut-être chez les marchands de fruits et légumes), mais bien une sécession. Celle d'un groupe de commerçants qui ont eu marre d'être baladés d'un endroit à l'autre à Athus et qui ont été frapper à la porte de la commune voisine.

"La commune d'Athus, ça ne s'arrangeait plus trop bien. Quand c'était, par exemple, la fête, la kermesse, on n'avait plus de marché. C'était les meilleurs moments de la saison ! Et pendant deux semaines, on arrêtait. Finalement, on s'est décidé, tous les marchands ensemble, on est venu ici à la commune de Messancy. On a demandé à la bourgmestre s'il y avait une possibilité de faire un marché. Et finalement, on est tombé d'accord sur le principe de venir s'installer ici, sur le domaine du lac" explique l'un des marchands frondeurs, Pascal De Clercq, bien connu pour ses poulets rôtis.

Christiane Kirsch, bourgmestre de Messancy, avoue bien avoir un peu hésité avant d'accepter la proposition. Mais dans une commune qui n'a jamais eu de marché, l'occasion était trop belle :

"Moi, de mon côté, j'avais averti François Kinard, mon collègue (bourgmestre ndlr) d'Athus, de la situation, donc il n'a pas été pris au dépourvu. Il savait très bien ce qu'il en était".

Et à la question d'un possible partage des marchés un jour sur deux, sur les deux communes, la réponse de la bourgmestre est claire : les commerçants qui ont quitté Athus n'en veulent pas. Et clairement, ces derniers ne s'en cachent pas, il n'y aura pas de retour en arrière, tant les griefs sont nombreux.

La querelle fait, par contre, les affaires des Messancéens qui découvrent le bonheur d'avoir un marché à domicile, comme nous l'explique ce retraité, venu en voisin : "moi, je suis content d'avoir un marché, parce que tous les vendredis, on va venir, c'est sûr. Et je pense que ça va faire venir beaucoup de monde !". "C'est impeccable, je trouve que ça manquait. On rencontre plein de gens qu'on ne voyait pas avant. Et puis, la vue est belle ici, avec le lac..." commente une cliente. 

Il est vrai que le marché ne manque pas d'atouts : un cadre agréable, une buvette (celle des pêcheurs) et un vaste parking. Certains trouvent néanmoins le marché un peu trop petit. Les organisateurs en sont bien conscients et envisagent déjà de l'agrandir en mettant la route en voie unique. "On aimerait bien accueillir des producteurs locaux" explique la bourgmestre qui réaliserait ainsi une promesse électorale de sa majorité.

Un marché athusien en centre-ville

Et Athus dans tout ça ? À quelques kilomètres de là, un nouveau marché se met en place en plein centre-ville, à l'arrière de la bibliothèque. Après des déménagement successifs, le pari est donc de se rapprocher du coeur de la cité. Une cliente nous dit regretter le manque de parking à proximité, une autre découvre et se dit satisfaite, tandis qu'une autre habituée se confie sur le départ de certains commerçants :

"Je trouve que c'est un peu dommage pour les Athusiens, parce que c'était plus grand avant, et maintenant ils sont tous partis à Messancy. Mais je viens voir ce qu'il y a de nouveau, pour le poulet, le fromage..."

Si certains commerçants sont encore sceptiques sur la localisation en centre-ville, du côté des autorités communales, on y croit. Avec la volonté d'aller de l'avant.

"Messancy, ça a été un petit peu la saga, mais maintenant, chacun se concentre sur son marché" explique l'échevin en charge du dossier, Stéphane Goosse. Et lorsqu’on lui demande s'il y a de la place pour deux marchés le même jour, il répond : "Moi, je n'ai pas de problème avec ça. Le marché de Messancy, il a le mérite d'exister, le seul regret, c'est le même jour, on est bien d'accord. Et ça a fait polémique, mais moi, je pense qu'il n'y a à boire et à manger pour tout le monde, franchement". 

Un optimisme que ne partage pas le conseiller de l'opposition, Christian Binet, que nous avons croisé sur le marché de ... Messancy. Il venait prendre la température et entendre les doléances des commerçants qui ont quitté Athus. 

Seul le temps nous dira s'il y a de la place pour ces deux marchés, si proches, le même jour. En signe d'encouragement, on notera que certains clients n'hésitent pas à visiter les deux.