Architecte à Habay, Olivier Dupuis est un amoureux de la voile. Au point de décider, un jour de 2010, de racheter un voilier et de le rénover à l'abri des regards en Gaume. Une rénovation qui arrive à son terme.

Avec ses 12 mètres 30 de long, le St Antoine, est un ketch, soit un deux mats. Un modèle produit à la pièce au chantier Jouet en 1957, d'après les plans d'Eugène Cornu, un célèbre architecte naval. Ce voilier, Olivier Dupuis l'a trouvé en Normandie et ramené en Gaume pour le rénover. Non pas à l'identique mais à sa manière, celle d'un architecte qui respecte le passé mais se projette dans l'avenir.

"Mon objectif, c'est de naviguer avec ce bateau, et de naviguer en sécurité. Avec tout le confort moderne, avec les moyens de communication modernes, de navigation moderne. D'un autre côté, je suis très content d'avoir un bateau unique, original, en bois, qui a une forme qu'on ne trouve plus" Olivier Dupuis, propriétaire du St Antoine

Le St Antoine en piteux état en 2010

16 ans plus tard, il est presque prêt à prendre la mer

La partie de la plus délicate de la rénovation, celle qui fait appel à des connaissances spécifiques, est celle de la restauration de la coque en bois. Celle-ci est faite en bois bordé, autrement dit avec des lames de coque taillées et assemblées sur mesure. Des pièces calfeutrées à l'ancienne avec du cordage, inséré manuellement entre les lames de bois. Pour cette partie du chantier, Olivier a fait appel à un charpentier de marine.

"Il fait chaque fois une boucle et l'insère, jusqu'au moment où on obtient quelque chose qui est extrêmement serré. C'est le bois qui donne l'étanchéité, lorsqu'il se gorge d'eau, qu'il gonfle, il serre le joint. C'est ce qui fait l'étanchéité" nous explique Olivier Dupuis (voir le reportage).

Cette rénovation, c'est un défi un peu fou pour un Belge habitant aussi loin de la mer.

"J'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Mais j'ai commencé sur le tard, il y a une vingtaine d'années, en achetant des revues spécialisées. Je ne comprenais rien du tout, parce que le vocabulaire marin est assez étendu, assez précis. J'ai vu dans ces revues nautiques qu'il y avait la possibilité de faire des stages. Donc j'ai commencé par faire un stage, un deuxième, et ainsi de suite"

La mise à l'eau, moment décisif, aura lieu en octobre sur un canal à Pont à Bar, dans les Ardennes françaises. L'occasion également de régler le moteur. Ensuite direction La Roche Bernard, en Bretagne, sur l'embouchure de la Vilaine. Pour Olivier, l'aventure du chantier naval sera alors terminée, mais celle de la navigation ne fera que commencer. Avec dans le coin de la tête, un rêve bien ancré.

"Mon rêve secret, ça reste toujours de faire le tour des îles britanniques, parce que je pense qu'il y a plein de belles choses à voir"