Avec la sécheresse et les fortes chaleurs, les cultures maraîchères souffrent. A Tintange (Fauvillers), Anaïs Henon, la maraîchère de la Ferme des deux fontaines a dû faire des choix pour économiser l'eau et garantir un minimum de production.
Face à ce champs... c'est la désolation. Près de 800 plants ont eu trop chaud. Les potimarrons sont tout petits et il n'y a quasiment pas de butternut. "C'est triste de voir tous les plants avec les feuilles qui pendent. C'est beaucoup de travail pour rien" lance Anaïs devant le champ qu'elle a sacrifié en stoppant l'arrosage.
"J'ai volontairement arrêté d'arroser ce champ car mi-juillet, j'ai remarqué qu'il n'y avait pas de fruits. Les fleurs n'avaient pas été fécondées. J'ai alors sacrifié la culture pour économiser l'eau pour pouvoir arroser autre part, témoigne Anaïs Henon, maraîchère à Tintange.
Ne plus arroser ce champ, la pilule a été dure à avaler mais Anaïs n'avait pas vraiment le choix. L'eau doit être utilisée judicieusement. Le puit est bientôt à sec et elle sauve ce qui peut l'être encore. Malgré le goutte à goutte, les plants ont soif. Et les calibres sont moindres. "Tout prend plus de temps et plus d'eau!" Elle ne compte plus les fleurs fanées avant fécondation ni les fruits séchés.
Quelques légumes tiennent le coup, d'autres beaucoup moins
"Dans la serre, j'ai laissé pousser la végétation, j'ai mis des voiles de protection et des bâches blanches au sol pour moins accumuler de chaleur et un brumisateur toutes les deux heures quand il fait très chaud"
Dans la serre, aussi, les fleurs et les fruits sèchent sur les plants de concombre. Certains sont difformes mais en gardant de la végétation, elle a limité la casse. Dans les tomates aussi, ça pourrait être pire aussi. La récolte n'est pas si mauvaise. Il y a malgré tout des décolorations, des craquelures, des têtes de chat, des culs noirs, des fruits entamés par les oiseaux qui, eux aussi ont soif et beaucoup de fleurs séchées. Les vieilles variétés sont plus touchées par la sécheresse que les hybrides. Dans les choux, c'est un insecte qui fait des ravages... Les feuilles sont toutes piquées par des altises.
Comme dans tout le milieu agricole, la pluie est attendue avec impatience à la ferme des deux fontaines d'autant plus que les cultures d'automne vont bientôt commencer et elles aussi, auront besoin d'eau.