Pour la troisième fois en sept ans (après 2020 et 2022), une sécheresse sévère frappe nos régions. En Famenne, les couleurs de l’automne apparaissent avec plusieurs mois d’avance.

Avec des conséquences sur l’agriculture mais aussi sur la sylviculture car si l’hiver avait permis de bien recharger les nappes phréatiques (et heureusement !), le mois d’avril a été anormalement sec. Alors que juin fut plus arrosé que d’habitude, les fortes chaleurs de la seconde moitié du mois ont provoqué une importante évaporation. Depuis la mi-juin, le déficit pluviométrique est simplement vertigineux.

L'Institut Royal Météorologique (IRM) n'a enregistré que 10.6 mm de précipitations à Uccle en juillet (voir tableau ci-dessous) alors que la moyenne pour ce mois est de 76.9 mm. Et dans certaines régions, le compteur est resté bloqué à 0 mm.

A peine la moitié de l’été passée que de nombreux arbres et arbustes de Famenne et de Calestienne montrent des signes évidents de stress hydrique. Sous ces conditions, l’arbre laisse sécher ses feuilles et ralenti ou arrête sa croissance pour simplement tenter de survivre.

Le phénomène est observé depuis 2015 en région wallonne et inquiète les spécialistes. Dans certaines parcelles test, des essences censées mieux résister à ces conditions ont été replantées mais elles peinent à se développer, leurs jeunes racines ne trouvant que trop peu d’eau à faible profondeur. La répétition de ce phénomène, lié au changement climatique, impose aussi aux plantations des stress à répétition, les rendant plus fragiles.

Entre propriétaires publics et privés, nos forêts sont principalement exploitées pour générer des revenus. On sait combien ceux-ci peuvent être essentiels pour la stabilité financière de bon nombre de communes luxembourgeoises. Outre les risques d’incendies accrus, le dépérissement ou le manque à gagner provoqués par ces sécheresses menace aussi maintenant cet équilibre.