220 élèves de rhéto se sont rendus aujourd'hui au Bastogne War Museum dans le cadre de la cinquième édition du concours Bastogne Youth For Remembrance. A travers divers ateliers, ils ont été sensibilisés aux mécanismes historiques et contemporains de la désinformation.
Dans la première salle du Bastogne War Museum, ces élèves de dernière année secondaire se familiarisent avec la propagande des années 1930 auprès de la jeunesse. Un mécanisme d'endoctrinement qui avait accéléré l'ascension 3ème Reich en Allemagne.
"C'est important que les élèves puissent comprendre le type de mécanisme utilisé entre la fin de la Première Guerre mondiale et le début de la Seconde, explique Pierre Lhote, historien au Bastogne War Museum. L'idée est de faire des analogies entre ces faits et l'actualité."
Presse de l'époque et IA actuelle
Dans cet autre espace, c'est la presse quotidienne durant la Seconde Guerre mondiale qui est analysée.
"J'essaie de leur faire comprendre qu'à l'heure actuelle, c'est l'informatique qui donne l'info, précise Patrick Hilgers, historien. On essaie de faire comprendre les dangers de l'informatique et de l'IA."
La propagande au cinéma
Autre salle, autre ambiance. Ici, c'est la propagande au cinéma qui est abordée, entre glorification nationale et construction des récits victorieux, notamment à l'époque de la Guerre froide.
"Après la guerre, tous les films ont servi à la propagande, note Jean-Daniel Aubry, animateur au Bastogne War Museum. Cela servait à tourner le récit de l'histoire à des fins géopolitiques. Un bon exemple est celui du film Top Gun puisqu'il faisait la promotion de l'armée américaine. Beaucoup de jeunes se sont d'ailleurs engagés sous les drapeaux après la sortie du film."
Devenir des spectateurs vigilants
À travers divers ateliers du genre, 220 rhétos issus de 8 écoles de la province ont donc été confrontés aux mécanismes historiques et contemporains de la désinformation. Une activité qui entrait dans le cadre de la 5ème édition du concours Bastogne Youth For Remembrance.
"L'idée est de les conscientiser et de leur dire que, si notre musée parle de faits qui sont passés, il ne faut pas prendre les choses pour acquises et que tout peut être mis en lien avec l'actualité, lance François Collard, responsable communication du Bastogne War Museum. Le but est de les aider à devenir des spectateurs vigilants."
Après une matinée plus pédagogique, ces élèves ont assisté à une conférence animée par les journalistes Jean-Paul Marthoz, Colette Braeckman et Wilson Fache.
Dans les semaines à venir, ils seront amenés à réaliser, par classe, un travail de groupe portant sur leur perception de cette journée tournée vers l’avenir des médias. Un travail qui sera jugé par un panel de spécialistes. Les résultats seront communiqués à l'été prochain.