La Wallonie vient de publier sa première liste rouge des plantes indigènes.  Celle-ci est une photographie de l’état de la biodiversité et permet de savoir quelles plantes sont en danger de disparition, lesquelles sont fragilisées, lesquelles vont bien, etc. et d’agir en fonction pour les protéger.

Cette liste rouge concerne les plantes indigènes de Wallonie, c’est-à-dire celles qui ont colonisé notre territoire par des moyens naturels et font partie de notre patrimoine.  521 espèces sont menacées à des degrés divers, ce qui représente 43% des espèces wallonnes, sachant que 95 espèces ont déjà disparu.  

"Il y a beaucoup d'espèces des tourbières, par exemple, détaille Philippe Frankard, attaché scientifique au Service public de Wallonie, des petites plantes carnivores, mais aussi des plantes forestières, des plantes aquatiques, des espèces des friches, des prairies, etc.  Tous les types d'habitats sont touchés à des degrés divers."

Pour réaliser cet inventaire, plus de 4,5 millions de données ont été collectées.  "Ce sont soit des données récoltées par des professionnels, des naturalistes ou des données de monsieur et madame tout le monde qui sont présentes sur la plateforme Obervations.be ", complète Philippe Frankard.  Grâce à la compilation de ces données, la Wallonie dispose désormais d’une photographie de l’état de sa flore et peut orienter les politiques de conservation et de protection de la nature.

Agir grâce à des stratégies de conservation

Parmi ces espèces en danger, une orchidée rose très rare : l'orchis Bouffon.  Entre 10 et 20 stations seulement accueillent cette espèce d’orchidée en Wallonie.  Pourtant, dans cette prairie de Famenne où se déroule notre reportage, l'espèce se porte bien.

"Cette prairie a été placée en réserve naturelle.  Elle est gérée par le DNF qui fait appel à un agriculteur qui fauche la prairie tardivement, une fois par an, et retire le foin, explique Jean-Louis Gathoye, attaché scientifique au Service public de Wallonie.  En appliquant certaines mesures de gestion, on est arrivés à faire exploser cette population d'orchidées.  C'est un bon exemple de mesures identiques qui peuvent être prises dans d'autres prairies qui recèlent autant de biodiversité."

Une précédente liste rouge était parue en 2006.  Grâce à des mesures de conservation comme celles-ci, une légère amélioration est à constater, même si la situation actuelle reste préoccupante.  D’autres stratégies sont donc à développer pour préserver la richesse de notre biodiversité.

La liste rouge complète et les résultats détaillés sont disponibles sur le Portail Biodiversité de la Wallonie.