Vaux-sur-Sûre : encore un projet éolien

Vaux-sur-Sûre : encore un projet éolien
 Publié le lundi 01 mars 2021 à 13:54 - Mis à jour le lundi 01 mars 2021 à 14:56    Bastogne - Bertogne - Sainte-Ode - Vaux-sur-Sûre

Ils aiment beaucoup notre commune”, ironise le bourgmestre de Vaux-sur-Sûre Yves Besseling, avant d’ajouter, sérieux : “mais ils savent ce qu’on en pense”. 

Eux ? Ce sont les promoteurs de parcs éoliens. Un projet pour Vaux-sur-Sûre vient de sortir des cartons. Plus exactement : de ressortir… Plus de deux ans après une réunion d’information préalable, on l’avait presque oublié. Mais un avis d’enquête publique publié ce lundi matin, l’a remis dans l’actualité : dès aujourd’hui, la commune de Vaux-sur-Sûre et ses habitants ont un mois, jusqu’au 6 avril, pour faire connaître leurs remarques. 

Concernées également : la commune de Sainte-Ode (une des éoliennes est prévue sur son territoire) ; ainsi que Bastogne et Bertogne, situées à proximité. 

 

A côté du parc de Sainte-Ode

Déposée par EDP Renewables Belgium, la demande porte sur l’installation de cinq éoliennes, le long de la N4, au lieu-dit Bois de Fragotte, dans le prolongement des parcs de Sainte-Ode (7 et 4 éoliennes). D’une hauteur de 182m, elles produiraient  chacune 2.625MW.  

 

De huit à cinq

Par rapport à la réunion publique de décembre 2017, le projet a donc été réduit et passe de huit à cinq mâts, entre autres pour “maintenir la bonne production des éoliennes existantes”, lit-on dans l’étude d’incidence réalisée par SGS. Au sud des villages de Mande-Sainte-Etienne et de Flamisoul, l’éolienne la plus proche serait distante de 860m de la première habitation. 

 

En zone forestière

A la différence des éoliennes voisines érigées en zone agricole, ce projet se situe en zone forestière et est suspendu à l’octroi d’une dérogation du SPW. Le code de développement territorial (CoDT)  autorise en effet l’implantation d’éoliennes en zone forestière, pour autant  qu’elles soient “à proximité des principales infrastructures de communication”, ce qui est le cas avec la N4, et, seconde condition, qu’elles ne “mettent pas en cause de manière irréversible la destination de la zone”. 

Pour autant, le bois de Fragotte n’échapperait pas au relifting : 4ha de résineux seront défrichés pour les besoins du chantier, dont la moitié sera replantée une fois celui-ci terminé. En compensation, les promoteurs proposent également de convertir, dans la partie sud du Bois de Fragotte,  5ha de résineux “en une zone favorable à la biodiversité”.            

       

La commune de Vaux-sur-Sûre toujours opposée

Du côté de Vaux-sur-Sûre, l’avis que rendra la commune ne laisse pas de place au doute. “Nous n’avons pas changé notre point de vue. Ce sera négatif”, prévient Yves Besseling. “Quatre éoliennes sont déjà en construction le long de la E25 près de Cobreville. Et les établissements Detry à Villeroux ont réussi à avoir une dérogation pour une éolienne. Ça en fera cinq en tout, c’est bien”, ponctue le bourgmestre qui compte sur sa population. “ Nous allons distribuer un toutes-boîtes afin que chacun puisse se prononcer.

 

Sainte-Ode nuancée

A Sainte-Ode, l’avis est plus nuancé. “Pour ce qui concerne notre commune, l’impact est inexistant. Il y aura juste une éolienne sur le territoire, à proximité de celles existantes”, nous explique le bourgmestre Pierre Pirard. “Nous serons malgré tout attentifs à ce que va décider Vaux-sur-Sûre.

 

Bertogne dubitative

A Bertogne, le collège sera attentif à l’impact visuel et aux risques d’effets stroboscopiques sur les habitations les plus proches, à Mande-Sainte-Etienne et dans une moindre mesure Flamisoul. “La hauteur des mâts est importante, constate au chaud l’échevin Eric Demeuse. Nous allons analyser le dossier et l’étude d’incidence”. Et voir dans quelle mesure, ce projet se rapproche de celui de Sainte-Ode. “Nous nous sommes opposés au remplacement des premières éoliennes de Sainte-Ode par de nouvelles, trop hautes à nos yeux. Mais la Wallonie n'en a pas tenu compte, c'est assez frustrant. Nous avons ensuite déposé un recours au Conseil d’Etat, dont on attend toujours la réponse.”, poursuit l'échevin.

 

Chr. Thiry