A La Roche-en-Ardenne, la société Carrières de Grès Réunies a déposé une demande de permis pour transporter les grès de l’ancienne carrière de Diable Château au site actuel de Cielle, par un tunnel de 3m de diamètre et de 1,5km de long.
Ce projet à 20 millions d'euros permettra de poursuivre l’activité.
Des camions comme celui que l'on vient de croiser à l'entrée, les Carrières de Grès Réunies en sortent sept par heure. Dans chaque benne, une trentaine de tonnes de roches, de pierres ou de sables de grès, de tout calibre.
Aux mains des sociétés belgo-luxembourgeoises, Socogetra et Karp-Kneip, la Carrière de Cielle affiche un demi-siècle d’exploitation.
A cheval sur La Roche-en-Ardenne et Rendeux, le gisement fournit 600.000 tonnes par an, destinés majoritairement aux constructions de routes et voiries.
Mais le bout du filon se rapproche, à grands coups de pelleteuses.
"Si vous regardez au fond de la carrière, il y a une lisière de sapins. L'exploitation s'arrête là. Il nous restera à creuser jusqu'à cette limite, et puis ce sera fini. Nous en avons encore pour deux ou trois ans"
Mathieu Cornet, directeur d'exploitation, Carrières de Grès Réunies
Avec l’horizon qui se bouche d’un côté, l’avenir de CGR se joue sur l’autre versant, au lieu dit Diable Château.
Depuis 20 ans, la société cherche à relancer l’exploitation de cette ancienne carrière, vingt ans qu’elle bute sur des refus. Mais cette fois, CGR a changé de vision : si les charrois ne peuvent se rendre à la carrière, alors ce sont les produits de la carrière qui iront aux charrois, via une bande de transport.
"Le principe est connu mais c'est unique en Belgique. Nous allons ouvrir le terrain, creuser jusqu'à dix mètres de profond, assembler des anneaux de trois mètres de diamètres pour y installer un long tapis roulant. Le tunnel sera ensuite recouvert et nous remplanterons par dessus"
Mathieu Cornet, directeur d'exploitation, Carrières de Grès Réunies
Cachée sous terre, la bande de transport épousera sur une longueur d'1,5km la topographie du col de Haussire et passera même sous la route de Samrée pour se connecter au site d'exploitation existant.
"Par ce procédé, nous n'aurons qu'un minimum de machines sur Diable-Château. Tout le traitement des pierres, le concassage, le criblage continuera à se faire comme aujourd'hui sur le site de Cielle. La production quotidienne et le charroi restent identiquent"
Mathieu Cornet, directeur d'exploitation, Carrières de Grès Réunies
Situé en pleine zone Natura 2000, le projet vient d’obtenir du DNF les dérogations manquantes. Reste à passer le cap de l’enquête publique, ouverte jusqu’au 25 mars.
Pour CGR, l’investissement s’élève à 20 millions d’euros et ouvre des perspectives, aux 27 salariés de l'entreprise, pour les trente à quarante prochaines années !