Artbois, entreprise spécialisée en lamellé-collé, située à Étalle, voudrait doubler sa capacité de production, mais le réseau électrique ne lui permet pas.  Le patron étudie la possibilité de déménager en France.

Lorsque nous arrivons sur le site, une énorme presse de 42 mètres de long est en fonctionnement.  "C'est une des plus grandes d'Europe", nous certifie Patrick Van Horenbeek, le patron d’Artbois.  Cette machine permet à Artbois de remplir son carnet de commandes, en Belgique et en France essentiellement.  "Depuis 10 ans, nous travaillons pour devenir un grand exportateur : plus de 50% de nos exportationss se font vers la France.  Cela représente beaucoup de travail qu'on ne veut pas perdre parce qu'on est plus compétitifs."

Or, pour rester compétitif, Artbois doit grandir et augmenter sa capacité de production, en démarrant une seconde ligne simultanément.  Mais la saturation du réseau électrique ne lui permet pas de le faire actuellement. 

"Ores et Elia nous ont annoncé qu'aucune augmentation ne serait possible avant 5 ou 10 ans.  Le problème viendrait vraisemblablement des transformateurs qui ne sont pas suffisamment dimensionnés.  Si on veut augmenter notre capacité de production, on doit le faire à nos frais, sans aucune aide, or ça coûte très cher", regrette Patrick Van Horenbeek, le patron d’Artbois.

Plus intéressant d'investir chez nos voisins français ?

Ce patron envisage donc sérieusement de quitter ce site d’Etalle pour s’installer à 50 km de là, de l’autre côté de la frontière.  "Pour un profil similaire au nôtre, l'électricité en France est divisée par 3, avec d'autres avantages qu'on trouve aussi en France : la main d’œuvre moins chère, les terrains moins chers, des exonérations d'impôts et autres avantages fiscaux qu'on n'a pas en Belgique."

Nous avons interpellé la ministre de l’énergie qui nous certifie par écrit que "la situation soulevée par le dirigeant d’Artbois est prise très au sérieux".

"Plus largement, la saturation des réseaux constitue aujourd’hui une priorité absolue, assure Cécile Neven, la ministre de l'énergie, tant pour la compétitivité de nos entreprises que pour la transition énergétique.  Un groupe de travail planche sur des solutions techniques innovantes activables à court terme dans les cas les plus critiques, avec des premiers résultats attendus d’ici juin.  La question du différentiel de coût avec la France est connue.  Un travail est en cours pour mettre en place une norme énergétique destinée à renforcer notre compétitivité."

Un rencontre entre la ministre et le dirigeant d’Artbois sera organisée prochainement afin d’examiner concrètement les solutions à son cas, nous indique encore Cécile Neven.  En attendant, Patrick Van Horenbeek continue d'explorer la piste française et de faire ses calculs pour l'avenir.