Jeune doctoresse, originaire de Longchamps, elle a choisi de s’installer en Sierra Léone, pour y développer des structures médicales pour femmes et enfants. Elle est de retour pour quelques jours en Belgique.
Sarah Luc est notre invitée.
Originaire de Longchamp-Bastogne, Sarah Luc est une jeune médecin généraliste installée depuis deux ans en Sierra Léone, en Afrique de l'Ouest, où elle cherche à développer un centre médical et des équipes mobiles centrées plus particulièrement autour des femmes et des enfants.
"Après mes études de médecine, avant de commencer mon assistana en médecine générale en Belgique, j'ai eu l'occasion de travailler pendant deux mois en Sierra Léone, dans un hôpital géré par une ONG suisse, et je suis tombée immédiatement amoureuse de la population et du pays. Bien évidemment, j'ai aussi remarqué les besoins criants du système de santé là-bas, ce qui m'a vraiment donné envie de pouvoir essayer de développer quelque chose sur place"
La Sierra Léone, c'est huit millions d'habitants, sur un territoire plus de deux fois plus grand que la Belgique, connaissant une des mortalités maternelles et infantiles les plus élevées au monde.
Si en Belgique, on compte un médecin pour 312 habitants, en Sierra Léone, c'est un médecin pour 14 500 habitants.
Pour répondre, à son niveau, à ces besoins, Sarah Luc a monté une association reconnue ASBL en Belgique, reconnue ONG en Sierra Léone : « Uman n Pikin Welbodi » qui signifie « Femme et Enfant en Bonne Santé » en krio, la langue véhiculaire du pays.
"L'objectif final, c'est d'ouvrir un centre de santé sur place. En attendant d'acquérir les fonds nécessaires pour la réalisation de ce projet, nous avons déjà mis en place plusieurs projets de promotion de la santé et de prévention. Nous avons plusieurs projets que nous effectuons dans des communautés rurales, sur l'incompatibilité rhésus, par exemple, où nous sensibilisons les gens. Nous testons les femmes pour leur groupe sanguin et nous réalisons une étude de recherche sur l'impact de cette condition en Sierra Léone"
L'association travaille aussi sur la formation. Dans les villages, nombres de croyances restent encore véhiculées autour par exemple de la menstruation.
"En Sierra Léone, la précarité menstruelle est encore vraiment d'actualité. De nombreuses jeunes filles, en particulier dans les zones rurales, là où nous faisons nos interventions, souffrent vraiment quand elles ont leurs règles, par manque de moyens, déjà, de protection.
Nous avons donc offert à quatre écoles du district des protections réutilisables confectionnées sur place. Nous avons aussi beaucoup de discussions avec la communauté pour combattre les tabous et idées reçues autour des menstruations."
Dans quel contexte travaillez-vous là-bas, par rapport aux autorités, par rapport aux communautés religieuses ?
"Vraiment en symbiose. De toute façon, quand on veut l'adhésion des populations, il faut tout d'abord avoir l'adhésion et l'accord des autorités locales, des chefs, des leaders religieux, etc.
Donc, c'est vraiment des personnes avec qui on travaille en étroite collaboration. Et pour l'instant, ça se passe vraiment très bien"
Intervenant 2
Sur votre page Facebook, on voit qu'il y a tout un travail autour de la lecture, avec des partenariats qui ont été noués avec des écrivaines africaines.
"Exactement. Nous avons commencé le mois dernier un projet de club de lecture destiné à des étudiantes universitaires. Et nous avons été soutenus par six écrivaines sierra-léonaises, qui nous ont donné leurs livres afin de pouvoir réaliser ce projet et de discuter de sujets d'actualité qui concernent les femmes, le patriarcat, l'inégalité des sexes, les violences envers les femmes."
Sarah Luc donnera une conférence, gratuite, le vendredi 18 septembre à l'hôtel de ville à Bastogne.
La vente d'objets confectionnés par sa maman en tissus de Sierra Leone financera l'asbl.