Cent dix-huit équipes se sont lancées sur le défi des 100 kilomètres à travers la Grande Forêt et alentours. Une épreuve physique et mentale, mais d'abord solidaire, puisque cette édition a permis de récolter environ 350.600 euros pour Oxfam
En pleine nuit, dans la forêt de Saint-Hubert, le défi a pris une autre dimension pour les participants. Le froid, l’obscurité, la fatigue et les kilomètres ont peu à peu changé la manière d’avancer. Pour beaucoup, il ne s’agissait plus seulement de marcher, mais de trouver une stratégie pour tenir jusqu’au prochain checkpoint.
"Le plus difficile, c’est peut-être le froid et le fait que comme il fait nuit, on voit moins ce qu’on fait et ce qu’on traverse. D’un côté, ça peut être une force, parce qu’on ne se rend peut-être pas compte de toute la distance qu’on réalise », explique Mathys.
Pour d’autres, la solution est passée par les supporters, la musique et l’humour.
« Comme on tient le coup? Principalement grâce à nos supporters qui nous suivent sur le parcours, c’est un plus. Et puis on se tient debout avec les fous rires à n'en plus finir. Il y a parfois la musique qu'on met. Mais c'est une bonne rigolade qui nous donne la force d'aller au bout. À chaque fois, on compte les kilomètres jusqu’au checkpoint d’après et c’est comme ça qu’on avance. »
Sur le parcours, chaque équipe a écrit sa propre histoire. L’équipe 36, Les Sensations, était partie à quatre. Elle n’était plus que trois au moment de repartir d’un ravitaillement, après l’arrêt d’une coéquipière déjà blessée avant le départ. Mais le soutien est resté intact.
« Après, la voir à chaque ravito, ça remonte le moral quand même », explique Dorothée, accompagnée d’Emma et Fiona. « On se dépasse entre copines et franchement il n’y a rien de mieux. »
A 30 Kms du but, on soigne les bobos
À une trentaine de kilomètres de l’arrivée, les ravitaillements ressemblaient parfois à de petits points de réparation. On y reprenait des forces, on y soignait les jambes, les pieds et les ampoules. Certaines douleurs étaient bien présentes, mais pas toujours suffisantes pour faire renoncer.
« Il n’y a aucune chance que je m’arrête, sachez-le. J’irai jusqu’au bout », confiait une participante malgré ses cloches.
Les premiers à rejoindre Saint-Hubert sont arrivés vers 3h du matin. Les quatre membres de l’équipe Rofosotrobic, originaires de la région bruxelloise, ont bouclé les 100 kilomètres en un peu plus de 17 heures. Ils ont aussi récolté 3.317 euros pour Oxfam. À l’arrivée, peu de public, seulement quelques proches pour les applaudir. Mais là encore, le collectif a fait la différence.
« Tout seul, je crois qu’on se serait arrêté au 45ème kilomètre, mais à quatre, c’est quand même chouette », raconte Olivier, membre de l’équipe victorieuse.
Plus tard dans la matinée, les arrivées se sont poursuivies au compte-gouttes. Certaines équipes ont mis plus de 24 heures pour boucler le parcours. Parmi elles, Louvain la Meuf, arrivée vers midi avec beaucoup d’émotion.
« C’était très dur, on s’est accroché, on s’est accroché et on a tenu bon. On est trop contentes. On s’est toutes soutenues avec des encouragements, on s’est attendues. »
Au-delà de la performance sportive, cette édition de l’Oxfam Trailwalker a marqué les esprits par son engagement solidaire. Avec environ 350.600 euros récoltés, l’événement a établi un record de dons.