À Bastogne, les élèves du premier degré de l’INDSé ont reçu la visite de Simon Gronowski dont la famille a été exterminée à Auschwitz. Il a témoigné des horreurs de la guerre, 80 ans après s’être échappé d’un convoi qui l’emmenait vers les camps de la mort.
Applaudi comme il se doit par les élèves, Simon Gronowski en a vu dans sa vie. Il a 94 ans aujourd'hui mais seulement 11 lorsqu'il saute du train qui l'emmenait à Auschwitz.
Il raconte son histoire, celle d’un enfant juif né à Bruxelles d’une mère lituanienne et d’un père polonais. Quand la guerre éclate, il se cache avec sa famille.
Mais en 1943 il est arrêté par la Gestapo avec sa mère et sa sœur avant d’être transféré à la caserne Dossin à Malines. Le 19 avril de la même année, il saute du train qui l’emmène vers les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau.
Une volonté de témoigner
Face à l’horreur de la guerre et à la mort de toute sa famille, il renonce à sa religion et attend plus de 60 ans avant de raconter son histoire et d’écrire un livre. S'il témoigne aujourd'hui, c’est pour que jamais l’Histoire ne soit oubliée ou ne puisse se répéter.
« Maintenant je continue à répondre aux invitations et à mettre en garde les jeunes contre les dangers de l’extrême droite et contre le retour de la barbarie. Il faut les mettre en garde, je dois les mettre en garde ! » Simon Gronowski.
Si les élèves sont déjà familiarisés à cette page de l’histoire, pour beaucoup c’est la première fois qu’ils rencontrent un survivant de la Shoah. Une rencontre marquante et importante pour eux.
Cette rencontre fait suite à une visite de la caserne Dossin et à un travail effectué en classe par tous les élèves.
« Jusque là, je ne savais pas trop dire s'ils étaient concernés, c’est à la fin de la rencontre que j’ai vu que plein d’élèves venaient serrer la main ou dire un petit mot à monsieur Gronowski ». Floriane Thomas, professeure de français à l’initiative de la visite.
Plus qu’une envie, un devoir
Simon Gronowski se doit de raconter les crimes atroces dont sa famille a été victime. Son père est lui décédé de tristesse et de désespoir peu après la guerre. Jusqu’au bout de sa vie, il continuera à témoigner sans relâche pour lutter contre la barbarie et pour défendre la démocratie.
Paluline Finfe