Ancien organisateur du traditionnel feu d’artifice à Dampicourt, Nicolas Stasser s’interroge sur la cohérence des décisions prises à Bruxelles qui maintient la fête et le Luxembourg qui les interdit. Il interpelle le gouverneur Olivier Schmitz, qui lui répond. 

Se présentant comme un ancien organisateur du feu d’artifice de Dampicourt, Nicolas Stasser a partagé ses interrogations quant à la cohérence des positions prises à Bruxelles et en Luxembourg.

Dans un courrier adressé au gouverneur, qu’il a partagé au sein des rédactions, il questionne : “Je comprends que la sécurité  soit une priorité (en raison de la sécheresse). Mais comment expliquer que des communes rurales voient leurs festivités annulées alors que le feu d'artifice national de Bruxelles est, lui, maintenu ?”

Le citoyen Dampicourt s’interroge sur les critères appliqués, sur la méthodologie pour évaluer les risques, 

“Existe-t-il une différence de traitement entre les petites communes et la capitale?”
Nicolas Stasser (Dampicourt)

Le gouverneur lui répond 

Le citoyen n’aura pas attendu longtemps avant de lire la réponse, largement circonstanciée du gouverneur Olivier Schmitz. “À première vue, le maintien d'un feu d'artifice à Bruxelles alors que d'autres événements sont annulés peut effectivement donner l'impression d'un manque de cohérence”.

Le gouverneur rappelle que les décisions sont prises territorialement, en fonction des conditions météorologiques, de l'état de sécheresse des sols, de la nature des sites, de la proximité de zones naturelles sensibles ainsi que des capacités opérationnelles des services de secours.

“S'agissant de la province de Luxembourg, j’ai participé hier à une Cellule d'expertise coordonnée par le Centre régional de crise. Les informations communiquées par l'Institut royal météorologique, le Département de la Nature et des Forêts ainsi que les différents partenaires opérationnels ont conduit à un constat partagé : les précipitations annoncées demeurent localisées et insuffisantes pour résorber le déficit hydrique accumulé depuis plusieurs semaines. L'état de sécheresse des sols reste considéré comme critique et les prévisions indiquent même une aggravation de la situation au cours des prochains jours.”

En toute transparence, Olivier Schmitz reconnaît la forte pression exercée depuis plusieurs semaines sur la Zone de secours. “Les incendies en milieu naturel mobilisent d'importants moyens pendant de longues périodes, au détriment des autres missions de secours à la population. C'est également un élément qui a été pris en considération dans la décision de maintenir l'arrêté provincial”.

"Dans ce contexte, j’ai estimé qu'il n'était pas possible, à ce stade, d'assouplir les mesures de prévention, dont l'interdiction des tirs de feux d'artifice"
Olivier Schmitz, gouverneur du Luxembourg

Mais le citoyen de Dampicourt pousse plus loin et pointe la lassitude qui pourrait gagner les associations : "Depuis des années, les bénévoles acceptent une accumulation constante de nouvelles exigences : plans de sécurité de plus en plus complexes, obligations administratives toujours plus nombreuses, augmentation des coûts d'assurance, recours à des prestataires spécialisés, exigences environnementales comme les gobelets réutilisables, responsabilités juridiques croissantes.  (...) Les autorités mesurent-elles l'impact cumulé de ces contraintes sur les associations et sur l'engagement des bénévoles ?"