La commune de Libramont renforce son contrôle des déchets avec un nouvel outil très visible : le sac rouge. Placé sur les sacs mal triés, non conformes ou sortis trop tôt, il doit servir d’avertissement avant une éventuelle sanction. Une mesure que certains habitants comprennent, mais qui suscite aussi déjà des doutes sur le terrain

À Libramont, la commune veut remettre de l’ordre dans les habitudes des riverains. À partir du 1er avril, les agents constatateurs utiliseront un sac rouge pour signaler les sacs poubelles qui ne respectent pas la réglementation. L’idée n’est pas seulement de contrôler le contenu, mais aussi de vérifier si les sacs sont sortis au bon moment, avec le bon contenant, et selon les consignes prévues.

Concrètement, le dispositif se veut d’abord visuel. Lorsqu’un sac est mal trié, non autorisé ou déposé trop tôt, il sera recouvert d’un sac rouge. Le citoyen concerné disposera alors de 24 heures pour corriger la situation et éviter une amende. Car les agents libramontois ne se contentent plus de sensibiliser, une amende administrative suivra...

« On laisse ensuite 24 heures aux gens pour se rendre compte qu’ils ont mal trié ou qu’ils ont sorti leur sac trop tôt. Ils ont donc 24 heures pour réparer leur erreur et pouvoir éviter l’amende, explique-t-il

Le contrôle ne concerne pas uniquement les sacs PMC, mais tous les sacs (NDLR : à Libramont, on trouve les sacs bleus, gris et verts). La commune veut ainsi répondre à des comportements qui, dans certains quartiers, se répètent semaine après semaine. La rue du vicinal fait partie des lieux les plus souvent cités comme "mauvais élèves". Sur le terrain, plusieurs habitants reconnaissent qu’il existe un vrai problème.

"Oui, c'est vrai. Cette rue est trop souvent sale. Parfois, je vois même des gens qui ne sont pas du quartier venir y déposer leurs sacs, non triés. Ce n'est pas normal. C'est effectivement devenu très sale et ça doit changer! témoigne une riveraine

Mais tout le monde n’est pas convaincu par la solution choisie. Une autre habitante s’interroge sur la capacité réelle à identifier le responsable d’un sac, surtout dans les immeubles ou dans les rues où les dépôts sont nombreux. 

Des amendes salées

En 2024, près de 200 personnes ont été verbalisées sur l’ensemble de la commune. Depuis le début de cette année, 44 verbalisations ont déjà été dressées. Le montant varie entre 100 et plus de 1000 euros en fonction de la gravité. Car à côté de l'amende communale, se greffe ensuite celle judiciaire et ses éventuelles poursuites. Pour Géraldine Ska, responsable déchets à la commune, il faut marquer les esprits. Que Libramont progresse en matière de gestion des déchets. 

« On ne veut pas être plus blanc que blanc. On veut simplement conscientiser les gens au fait qu’il faut qu’il y ait un tri correct dans les sacs poubelles et qu’on ne peut pas faire n’importe quoi, les sortir n’importe quand et mettre n’importe quoi dans ces sacs », résume-t-elle.

Au-delà du rappel à l’ordre, la commune insiste aussi sur l’enjeu collectif. Car un mauvais tri ne pose pas seulement une question de propreté. Il a aussi un coût. Du côté d’Idelux Environnement, on rappelle que lorsqu’un PMC se retrouve dans la fraction résiduelle, il échappe au recyclage, part en valorisation énergétique et génère des frais supplémentaires de collecte. Au total, le coût du mauvais tri est estimé à environ 400 euros la tonne. Bref, c'est, au final, la collectivité qui paye...