Bastogne a accueilli, ce week-end le festival international du dessin de presse. 32 caricaturistes et dessinateurs de presse originaires d'une dizaine de pays étaient rassemblés au pôle culture. L'occasion de s'interroger sur cette forme d'art, confrontée à de nouveaux défis.

Depuis que la presse écrite existe, le dessin de presse a toujours servi à commenter l’actualité, avec humour. Parfois irrévérencieuse, la caricature peut être une manière de faire passer des messages sérieux avec légèreté en étrillant quelque peu les pouvoirs en place. Ce qui peut être dangereux dans certains pays, comme en Syrie comme en témoigne le Kurde Jawad Morad, installé aujourd’hui en Belgique.

C'est pas facile d'être un caricaturiste kurde de gauche en Syrie, surtout quand on demande des droits de peuple face à une dictature, ancienne, mais aussi actuelle.

Mais même en Europe, l’émergence de courants d’extrême-droite, parfois au pouvoir, comme en Italie peut faire craindre pour le maintien de la liberté d’expression. Marco De Angelis, caricaturiste italien :

Il existe de nombreux exemples de confrères qui ont eu des problèmes judiciaires sans raison particulière, mais ils ne sont pas plus nombreux qu'avant. 

Parmi les stars de la caricature présentes à Bastogne, l’Allemand Frank Hoppmann témoigne d’un autre défi auquel doivent faire face les dessinateurs de presse : l’émergence de l’intelligence artificielle.

Je n'utilise pas l'intelligence artificielle, parce que je suis un artiste traditionnel et que je dessine avec des crayons et des pinceaux. Je n'ai pas besoin de l'intelligence artificielle, elle n'améliorerait pas les choses pour moi.

Liberté d’expression, IA, mais aussi réduction des moyens d’une presse écrite, dont les ventes sont en constante baisse, voilà autant de défis pour les dessinateurs de presse qui tentent malgré tout de préserver leur raison d’être.