À Bouillon, l'augmentation de la taxe communale annuelle sur les secondes résidences fait grincer quelques dents. Celle-ci passe de 600 à 888 euros, qu'il s'agisse de maison, de chalets ou de caravanes. Une augmentation jugée inéquitable par Alain Martin, second résident à Dohan. 

Alain Martin et son épouse occupent cette caravane depuis 1993. Une seconde résidence installée près de la Semois, dans un cadre enchanteur, ce qui est le moins le cas de la nouvelle taxe annuelle communale.

« Quand on voit la différence… Pendant des années, la taxe était d'environ 600 euros. Maintenant on passe à 888 euros, ce qui est quand même un chiffre assez bizarre… Pourquoi 888 euros ? ». Alain Martin : Propriétaire d’une seconde résidence. 

La commune de Bouillon dit s'être inspirée des communes avoisinantes ou touristiques. Vérification faite : Durbuy, La Roche, mais aussi Herbeumont et Vresse-sur-Semois ont en effet déjà franchi la barre des 800 euros.

« Ces communes avaient des tarifs bien supérieurs à ce que Bouillon pratiquait. On s’est donc alignés sur les autres communes. On a donc décidé de fixer la taxe de résidence selon le plafond autorisé par la Région wallonne ». Marie-Julie Némery, Bourgmestre de Bouillon (MR)

Pour Alain Martin, ce n'est pas tant l'augmentation de la taxe qui pose problème, mais plutôt le fait que le même montant s'applique à toutes les secondes résidences, quelles que soient leur taille ou leurs infrastructures. Ici, il n'y a ni raccord à l'eau ou à l'électricité.

« Si on compare aux voitures, une Mercedes n’est pas taxée comme une 2CV. Pourquoi ne fait-on pas la même chose avec les secondes résidences ? Il y a quand un revenu cadastral qui est déjà réclamé et là on tient compte des différences ».  Alain Martin : Propriétaire d’une seconde résidence.

Aucun système dégressif ne sera mis en place par la commune, qui a préféré l'imposition de la taxe via un forfait.

« La difficulté c’est de contrôler les secondes résidences. Il faut savoir qu’il y a quand même plus de 673 secondes résidences sur la commune de Bouillon. Et donc contrôler tout cela, c’est compliqué ».  Marie-Julie Némery, Bourgmestre de Bouillon (MR)

En finalité, communes et seconds résidents sont tous deux confrontés à la même réalité : à savoir un effort budgétaire de plus en plus prégnant. Et il sera d'autant plus persistant au vu des réformes lancées par les différents gouvernements.