La commune d'Arlon sera la première commune en Luxembourg à faire appel à des flexi-jobs. Le point sera voté en séance du conseil le  15 octobre prochain. D'autres communes, comme Bastogne, La Roche-en-Ardenne ou Rendeux ont lancé les démarches. 

Le 15 octobre prochain fera date en matière d'emploi dans les services publics locaux. Pour la première fois en Luxembourg, une commune, Arlon, se donnera la possibilité de recourir aux flexi-jobs. 

"A ce stade, ce sera limité à certaines fonctions, comme celles de conseillers du culte,  pédagogique, ou en charge de la gestion forestière. Nous allons aussi engager en flexi-job l'ouvrier forestier qui travaille sur le domaine de Viroinval. Il a été admis à la pension et souhaite continuer à travailler quelques heures par semaine. Le CPAS d'Arlon aussi va se tourner vers des flexi-jobs pour renforcer ses équipes à la maison de repos"
Vincent Magnus, bourgmestre d'Arlon

"Faciliter le recrutement pour des tâches où il est difficile de trouver du personnel", l'argument est repris à Bastogne qui a entamé les démarches. "En premier lieu, c'était pour assurer le remplacement du "placeur" au marché le samedi. C'était compliqué de trouver quelqu'un pour assurer le job si tôt le matin. Un pensionné s'est porté candidat. C'était ça ou on n'avait personne", explique Benoit Lutgen. 
Ce n'est pas tout, un autre flexi-jobeur sera encore engagé au sein même de l'administration pour une période donnée en vue d'assurer l'écolage d'un nouvel employé. 

"Un membre du service urbanisme a été admis à la retraite. On va le reprendre en flexi-job, durant trois mois, pour former son successeur"
Benoît Lutgen, bourgmestre de Bastogne

Egalement à Rendeux et La Roche-en-Ardenne

L'extension aux services publics du régime flexi-job depuis le 1er juillet fait des émules dans les communes. A Rendeux, la commune a lancé l'appel dans un récent bulletin communal. "On a reçu deux ou trois propositions", relève bourgmestre Cédric Lerusse.

"On envisage le recours à ce type de contrat spécifiquement pour des travaux d'entretien des abords, sur des chemins de promenades ou dans les cimetières par exemple"
Cédric Lerusse, bourgmestre de Rendeux

A La Roche-en-Ardenne, si la commune se montre ouverte à l'idée "si on a des candidatures, pourquoi pas ?" réagit le bourgmetre Jean-Pierre Dardenne, c'est au CPAS que le dossier est le plus avancé "pour faciliter la recherche de personnel à la maison de repos".

Positions syndicales : entre refus et pragmatisme

Avant de recourir aux flexi-jobs, les autorités communales sont tenues d'en informer leurs comités de négociation et concertation syndicale.

Sans surprise, CSC Services publics et CGSP Admi s'opposent au système, "qui fragilise l'emploi et les statuts, et qui ne contribue pas à financer la sécurité sociale", mais leurs représentants en Luxembourg Dominique Wilkin et Nitin Simon, restent néanmoins ouverts à des situations exceptionnelles : "Au cas par cas, on peut s'accorder. Mais il faut que l'engagement soit temporaire et qu'il n'y ait pas d'autres possibilités et que ça ne se fasse pas au dépend de personnel en place". 

De son côté la SLFP se montre favorable à la formule. En Luxembourg du moins. "La SLFP est contre. Mais pour ma part, je veux voir ça avec pragmatisme, j'estime que la formule répond à des besoins. Si ça peut aider à trouver du personnel, comme en maison de repos, pourquoi pas", argumente Isabelle Lamotte, permanente SLFP en Luxembourg. 

Les flexi-jobs ouverts à l'ensemble des secteurs privés et publics

Lancée fin 2015 pour répondre au manque de personnel dans l'Horeca, le régime des flexi-jobs a été à plusieurs reprises élargi à d'autres domaines. 
Depuis le 1er juillet 2026, une dernière étape a été franchie en le recours à ce type de contrat de travail ouvert à l'ensemble des secteurs privés... et publics. En ce compris donc, les communes et les CPAS.