Sa gestion doit être prochainement confiée aux États-Unis, via l’American Battle Monuments Commission. Un projet de loi doit être approuvé ce jeudi au Parlement fédéral. La bascule porte sur le monument lui-même. L’une des priorités sera de remettre le Mardasson en état et de rouvrir les zones aujourd’hui fermées au public
Ronald Gidwitz n’est pas un visage inconnu à Bastogne. Ancien ambassadeur des États-Unis en Belgique, il revient régulièrement au Mardasson depuis plusieurs années. En 2019, il soutient le lancement du Bastogne Memorial Fund, créé pour mobiliser des fonds autour du mémorial. Ce lundi, la Ville a voulu marquer le coup en le nommant Grand Ambassadeur du Mémorial du Mardasson.
Ce nouvel hommage intervient alors qu’une autre étape se prépare pour le monument. Sa gestion doit être confiée pour 99 ans à l’American Battle Monuments Commission. Pour Bastogne, ce changement représente un soulagement financier. Pendant des années, la commune a parfois dû intervenir autour d’un monument qui relevait de l’État belge, notamment pour des questions de sécurité.
"Le monument appartenait au gouvernement belge, mais le gouvernement n’investissait plus dans ce monument. Il est arrivé que la Ville soit obligée, ne fût-ce que pour des raisons de sécurité, d’intervenir. Sur 20 ans, la Ville de Bastogne a laissé plusieurs centaines de milliers d’euros à la place du gouvernement fédéral", explique Benoit Lutgen
Le Bastogne War Museum, les parkings et les accès restent dans le giron de la Ville
Le changement ne concerne toutefois pas l’ensemble du site. Le Bastogne War Museum, les parkings et les accès restent dans le giron de la Ville. L’une des priorités sera de remettre le Mardasson en état et de rouvrir les zones aujourd’hui fermées au public.
"L’argent a été accordé par le gouvernement des États-Unis. Maintenant, les plans vont pouvoir être faits, les contrats vont pouvoir être lancés, et les réparations ainsi que l’entretien pourront commencer. À terme, toutes les barrières que vous voyez derrière moi seront retirées", précise Ronald Gidwitz
L’avenir du site ne se joue pas seulement qu'avec le Mardasson. Au musée voisin, des milliers d’archives racontent aussi la Bataille des Ardennes. Bastogne souhaite mieux les valoriser, notamment grâce à la numérisation et à des liens renforcés avec d’autres centres de documentation, bases d’archives et familles concernées par cette histoire. Les contacts de l'ex-ambassadeur en Belgique vont pouvoir aider le BWM à franchir un cap au niveau des archives.
Avec la restauration du monument, le développement des archives et le retour régulier des visiteurs américains, Bastogne veut rester l’une des grandes références du tourisme de mémoire lié aux soldats américains.