La zone de présence permanente (ZPP) du loup a été élargie par le SPW. Mais plusieurs éleveurs restent en dehors de cette zone et donc des conditions d’activation d’une subvention pour des moyens de protection permanents. Mais d'autres solutions existent.
Eleveurs porcins et bovins à Cens, Patrick Feller craint pour ses bêtes. Son exploitation située en bordure de forêt représente en effet un terrain de jeu potentiel pour le loup, dont la présence vient d'être reconnue comme permanente dans la commune de Tenneville.
"On ne sait pas quand le loup peut frapper, ni où, ni comment, confie Patrick Feller. On sait que par le passé, il entrait dans les étables donc oui, on craint la chose mais pas seulement pour nos porcs mais aussi pour nos bovins. On sait que le loup s'y attaque et nos parcelles sont situées en bordure de forêt. Donc le garde-manger est ouvert."
Subvention ou prêt de matériel ?
Une partie de la commune de Tenneville vient d'être répertoriée dans la zone de présence permanente du loup par le SPW. Mais l'exploitation de Patrick Feller est juste en dehors de cette nouvelle zone. Comme d'autres éleveurs, il n'entre donc pas dans les conditions d’activation d’une subvention pour des moyens de protection permanents mais il peut par contre faire appel à Natagriwal pour le prêt de matériel.
C'est ce qu'a fait Thibaut Cara, en commune de Houffalize. Dans sa parcelle du village de Wibrin, cet éleveur ovin s'est fait installer un parc de nuit pour ses bêtes.
"On les renferme le soir vers 19h-20h et on les libère le matin entre 6h30 et 8h, précise Thibaut Cara. C'est un parc électrifié qui fait 1,20m de hauteur et qui protège le troupeau pendant la nuit d'éventuelles attaques. Autour du parc, nous avons également installé des spots lumineux qui s'allument de manière aléatoire afin d'effaroucher le loup."
Des chiens de troupeau
D'autres dispositions ont été prises par Thibaut et son père Philippe, avec l'acquisition de deux chiens de troupeau.
"Chaque chien coûte entre 400 et 600 euros, reprend l'éleveur. Le gros souci, c'est l'alimentation des chiens qui doit être équilibrée et riche en croquettes bien spécifiques. Chaque semaine, nos chiens mangent pour une centaine d'euros à eux deux, et ils n'ont que quatre mois. Cela représente 400 euros par mois. Sur une année, ça fait des coûts supplémentaires que nous n'avions pas vraiment anticipés."
Pour l'instant, les mesures prises par Thibaut et Philippe Cara portent leurs fruits mais pour combien de temps ? Car dans la tête de ces éleveurs, la question n'est plus si mais quand le loup frappera l'une de leurs 300 bêtes ?