En 2025, la piscine d'Athus a dû fermer ses portes 19 jours, a-t-on pu lire dans les colonnes de l'Avenir du Luxembourg, et ce en raison d'une qualité d'eau inférieure aux normes en vigueur pour les staphylocoques. Une dérogation a été demandée pour un assouplissement.

Ouverte en mai 2024, la piscine d'Athus est une piscine biominérale. L'eau est traitée via une combinaison de bactéries, de rayons UV et de charbon actif. Pas de chlore.

"Nous traitons une fois que l'eau est rentrée dans les filtres alors que le chlore tue tout de suite dans l'eau", commente Christian-Raoul Lambert, échevin des sports. "Maintenant, il faut savoir que le traitement chloré est hyper mauvais pour la santé, et notamment pour les enfants en bas âge. Ici, nous avons quand même un bassin qui est prévu pour les moins de 2 ans".

Le chlore est-il plus risqué que les staphylocoques ?

Le problème, c'est que le traitement biominéral de l'eau ne permet pas de répondre aux normes pour les staphylocoques.

La Région wallonne impose une absence totale : 0 Unité Formant Colonie / 100 ml, alors que la piscine d'Athus atteint parfois les 2 ou 3 UFC / 100 ml.

Selon le professeur Alfred Bernard, toxicologue reconnu, les risques pour la santé sont néanmoins minimes par rapport au chlore, s'il y a désinfection préventive.

"Il y a un risque peut-être faible d'infection liés aux staphylocoques", confie-t-il. "Mais le problème du chlore bien sûr, ce sont des risques chroniques liés à une exposition répétée aux chloramines, qui sont de puissants irritants. Ce sont des adjuvants dans le développement de l'asthme, et vous avez également des substances qui sont cancérogènes. On a un cocktail de produits chimiques avec les risques qui sont bien documentés".

Une piscine pilote

Le Pr. Bernard estime que la Région wallonne pourrait faire preuve d'un peu plus de tolérance au niveau des staphylocoques.

Une dérogation a été formulée en ce sens par la commune d'Aubange au ministre compétent actuel, Yves Coppieters, dans l'espoir d'un assouplissement des normes.

"L'idée, c'est que l'on soit une piscine pilote au niveau de la Wallonie", développe l'échevin des sports aubangeois. "Si nous avons cette dérogation, nous pourrions assumer un taux de staphylocoques un peu plus élevé que zéro".

Une demande qui avait été refusée par l'ancienne ministre Tellier, répliquant qu'on ne pourrait justifier la présence de staphylocoques dans l'eau : 30 à 50% de la population belge étant porteurs sains du germe.