En septembre prochain, les études en kinésithérapie devraient passer de quatre à cinq ans. Une réforme qui n'a pas encore été votée, mais a-t-elle déjà un impact au niveau des étudiants et des écoles ? Ce matin, à Libramont, des élèves de rhéto étaient justement à la Haute Ecole Robert Schuman qui, tout au long de cette semaine, ouvre ses cours.
Le cœur, sa composition et ses mécanismes. Voilà ce que des élèves de rhéto découvrent en substance à l'occasion d'un cours de physiologie. Certains sont déjà bien déterminés à se lancer dans les études de kinésithérapie, qu'importe le passage de 4 à 5 années.
"Je sais pas pourquoi on est passé de 4 à 5", confie Gabriel, élève de rhéto à l'institut Notre-Dame d'Arlon. "À mon avis c'est pour se baser sur un modèle plus général donc sur 5 ans. Mais pour moi ce n'était pas du tout un problème ou une crainte, et au final un an en plus à l'université, c'est un an de fête en plus pour certains donc il n'y a pas de souci (rires)".
Prester un acte sans prescription du médecin
La volonté du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est de s'aligner sur la Flandre, d'ouvrir une porte à la spécialisation et de permettre aux kinés de prester certains actes remboursés sans prescription pour des douleurs légères par exemple. La réforme est attendue et jugée positivement.
"On s'y prépare déjà depuis longtemps, on sait que le cursus va passer à 5 ans", explique Marie-Christine Archambeau, professeure. "C'est quand même une bonne chose parce qu'il y a tellement de matière à voir pour devenir un bon kiné que ça devenait vraiment nécessaire d'étaler la formation sur 5 ans".
Une augmentation majeure du minerval
Le minerval devrait également être revu dès la rentrée 2026, conformément à ce que souhaite le gouvernement, passant ici de 517 euros par an pour un bachelier à 1194 euros tarif plein hors boursier, soit au même niveau que les universités.
"De manière générale, on a une crainte quant à la démocratisation de l'enseignement supérieur", explique Laurence Denis, directrice-présidente de la HERS. "Dès lors qu'on sait qu'un certain nombre d'étudiants et un certain nombre de familles ont déjà des difficultés aujourd'hui à payer les frais d'études associés au cursus qu'on organise... On a une crainte dans le sens où, demain, les moyens des établissements d'enseignement supérieur ne seront pas augmentés pour pouvoir mieux aider les étudiants qui bénéficient par exemple d'aides des conseils sociaux".
Le risque est de voir plus d'élèves concilier études et job étudiant. D'autant plus qu'une autre réforme est attendue pour 2027 avec moins de facilités pour les étudiants étrangers, mais cela reste encore à discuter.