Une quarantaine d’enseignants issus de plusieurs écoles se sont rassemblés dans un lieu symbolique à Vielsalm : le parc communal, au cœur de la localité. Ils dénoncent les réformes annoncées dans l’enseignement francophone, à quelques jours du vote du décret-programme et du rassemblement provincial prévu à Libramont
Le message est clair. Les réformes annoncées dans l’enseignement francophone ne passent pas auprès des enseignants salmiens. Une quarantaine d’entre eux s’est rassemblée dans le parc communal pour faire entendre son opposition ce jeudi matin. Dans le groupe, plusieurs écoles sont représentées, avec des enseignants venus de Vielsalm mais aussi des villages voisins. L’objectif est de montrer que le mouvement ne touche pas seulement les grandes villes, mais aussi les petites communes.
“C’est une première. Personne ne se rappelle qu’on a déjà réuni des collègues de toutes les écoles de Vielsalm de cette manière. On voulait aussi montrer que, dans notre région, les enseignants bougent”, explique Eric Pessers
Au-delà du symbole, les inquiétudes portent surtout sur la prochaine rentrée scolaire. Les enseignants craignent une organisation plus difficile, moins de certitudes pour les équipes et un encadrement plus fragile pour certains élèves.
“Cela va clairement impacter l’encadrement scolaire. On va retrouver dans les mêmes groupes des profils d’élèves plus variés, parfois avec des besoins spécifiques. Pour les enseignants, maintenir la même qualité risque de devenir plus compliqué”, note de son côté Jérôme Derochette
Les élèves comprennent le mouvement
La période choisie interroge aussi. À quelques semaines des examens, certains élèves pourraient craindre une perturbation dans les révisions. Les enseignants se veulent toutefois rassurants. Pour Marie-France, professeure de mathématiques dans l’enseignement libre et déléguée CSC, les élèves ne doivent pas être pénalisés par les matières qui n’auraient pas été vues.
“Si un chapitre n’est pas vu, il ne sera pas interrogé. On s’arrangera avec le professeur de l’année suivante. Il n’y a pas mort d’homme.”
Du côté des élèves rencontrées, la grève ne provoque pas vraiment de rejet. Certaines disent même comprendre le mouvement. Elles s’attendaient à voir la contestation arriver jusque dans leur école, après les actions déjà menées ailleurs ces dernières semaines.
La suite dépend désormais du calendrier politique. Le vote du décret-programme est annoncé le 27 mai. Le même jour, un rassemblement provincial est prévu à Libramont. D’ici là, les enseignants salmiens entendent continuer à maintenir la pression