Au carnaval d’Arlon, la musique reste un marqueur fort de l’identité rhénane. Mais autour des fanfares et des bandas, les sons plus durs et les chars sonorisés ont pris de la place. Entre tradition revendiquée, ambiance moderne et contraintes budgétaires, la bande-son de la fête évolue dans le chef-lieu
Au carnaval d’Arlon, la musique ne sert pas seulement à mettre de l’ambiance. Elle dit aussi quelque chose de l’évolution de la fête. D’un côté, des chars plus sonorisés, des sons plus durs, souvent plus proches de la techno que de la fanfare traditionnelle. Et les groupes Luxembourgeois (GDL) sont souvent les meilleurs pour mettre ce genre d'ambiance, avec leurs nombreux jeunes présents. De l’autre, une volonté claire de préserver une partie de l’ADN rhénan, avec de la musique jouée, des cuivres, des bandas et des groupes étrangers invités...
Un bel exemple est donné avec le char du Prince. Ici, pas de sono, de clé USB pour envoyer les décibels. Juste un groupe suisse, une fanfare, en tête de cortège. Une tradition qui se préserve dans le chef-lieu, où le char princier conserve encore cet aspect "musical". Et ce n’est pas un hasard si les groupes suisses restent encore bien visibles dans le cortège. Pour eux, le carnaval se vit d’abord dans la rue, au contact du public, avec une musique festive et jouée en direct.
« Chez nous, c’est de la musique festive. On se fait énormément plaisir, puis on donne du plaisir à d’autres personnes », résume l’un des porte-parole helvétiques présents à Arlon. Une approche qui colle parfaitement à l’esprit du carnaval rhénan, où la fanfare ne sert pas seulement à faire du bruit, mais à porter la fête", explique l'un de ses membres
Pas de carnaval sans un groupe de Bandas
À côté de ces formations, les bandas gardent elles aussi une vraie importance. Elles restent, pour beaucoup, l’un des sons les plus familiers du carnaval. Leur force, c’est une musique immédiatement reconnaissable, populaire, entraînante, qui reste dans l’oreille bien après le passage du groupe. Et à Arlon, on connait bien Los Tabascos, originaires d'Halanzy. Une fois encore, la troupe a été fortement applaudie par les visiteurs le long du parcours.
« On ne repart pas avec de la techno dans la tête. On repart avec des chansons, des rythmes qu’on connaît et qui font plaisir », explique un musicien de la banda fidèle au carnaval arlonais, Los Tabascos
Mais maintenir cette identité musicale a un prix. Faire venir une fanfare étrangère par exemple, la loger, la déplacer et rémunérer les musiciens représente une charge bien plus lourde qu’un char simplement équipé de haut-parleurs. C’est aussi ce qui explique la progression des chars sonorisés dans de nombreux carnavals, y compris à Arlon.
Le constat semble assez clair : aujourd'hui, fanfares et bandas tiennent encore leur place. Mais les chars sonorisés gagnent clairement du terrain.